Dans un contexte marqué par des tensions au sein de la gouvernance mondiale du football, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a choisi de prendre publiquement position. Dans un communiqué signé par son président, Veron Mosengo Omba, l’instance congolaise salue la décision de Gianni Infantino d’abandonner le projet FIFA Forward Enterprise et lui apporte un soutien « total » pour la suite de son mandat.
La FECOFA indique avoir « bien accueilli » le renoncement du président de la FIFA à la FIFA Forward Enterprise. Ce projet de restructuration commerciale visait à créer une société ouverte aux investisseurs privés afin de gérer les activités commerciales et événementielles de l’institution, y compris la Coupe du monde.
Pour la fédération congolaise, cette décision démontre la capacité d’écoute du dirigeant italo-suisse.
« Le président Gianni Infantino a fait preuve de sagesse en écoutant non seulement les nombreux soutiens à cette réforme, mais également ceux qui y étaient opposés, avant de renoncer sans tarder, quitte à en faire les frais », écrit Veron Mosengo Omba.
Selon la FECOFA, même si l’initiative « partait d’une bonne intention », il était nécessaire de préserver l’unité du mouvement footballistique mondial plutôt que de maintenir un texte contesté.
Au-delà de l’épisode FFE, la FECOFA tient à remettre l’affaire en perspective. L’instance estime que la polémique ne doit pas « obscurcir » le bilan global de Gianni Infantino à la tête de la FIFA depuis dix ans.
« En dix ans de présidence, Gianni a œuvré sans relâche pour favoriser et accompagner le développement du football à travers le monde », souligne le communiqué.
La fédération congolaise précise avoir « largement bénéficié » de cette politique, notamment à travers les programmes de développement, de formation et d’équipement destinés aux associations membres les moins nanties.
C’est dans cette logique que la FECOFA réitère son appui au président de la FIFA pour « poursuivre, à partir de 2027, le travail que les associations membres lui ont confié en 2018 », mandat renouvelé lors des congrès de Paris en 2019 puis de Kigali en 2023.
La prise de position de la FECOFA intervient alors que la pression s’intensifie autour de Gianni Infantino. L’UEFA a été la première à saluer l’abandon de la FIFA Forward Enterprise, qu’elle qualifie de « victoire pour l’ensemble du football ».
Dans le même temps, l’instance européenne a durci le ton. Elle accuse le président de la FIFA d’avoir porté un projet « miteux, opaque et fomenté en coulisse ». Pour l’UEFA, cette séquence montre que Gianni Infantino a « perdu la confiance » d’une partie importante de la communauté du football et appelle à un réexamen global de la gouvernance de l’institution basée à Zurich.
D’autres fédérations majeures se sont jointes aux critiques ou aux demandes de clarification. La Fédération anglaise (FA), la Fédération allemande (DFB), la Confédération asiatique de football (AFC) et la Concacaf ont toutes plaidé pour plus de transparence et pour un audit approfondi du fonctionnement de la FIFA à la suite de l’abandon du projet.
Révélé par la presse internationale il y a quelques semaines, la FIFA Forward Enterprise prévoyait une profonde transformation du modèle économique de la FIFA. L’idée centrale : créer une entité commerciale distincte, adossée à des capitaux privés, pour valoriser les droits marketing, les compétitions et les événements phares de l’organisation.
L’objectif affiché était d’accroître les revenus afin de redistribuer davantage aux 211 associations membres. Mais la méthode a suscité une levée de boucliers. Plusieurs confédérations ont dénoncé un manque de concertation et des risques pour l’indépendance de la FIFA.
Face à cette opposition, Gianni Infantino a finalement décidé de retirer le dossier. Ce retrait intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027. À ce jour, le président sortant est le seul candidat déclaré.
Avec ce retrait, la FIFA referme un chapitre sensible mais ouvre une période d’interrogations. Les appels à la réforme de la gouvernance ne faiblissent pas, et la pression des confédérations européennes, asiatiques et nord-américaines devrait rester forte jusqu’au prochain congrès électif.
Du côté de Kinshasa, le message est clair : la stabilité et la continuité priment. En apportant son « soutien total » à Gianni Infantino, la FECOFA se positionne parmi les fédérations africaines qui continuent de défendre le bilan du président actuel, tout en appelant à un dialogue apaisé pour l’avenir du football mondial.
Yves Sayo