Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé ce samedi à Lubumbashi une réunion stratégique élargie du Comité provincial de sécurité. L’objectif : poser les bases d’un dispositif renforcé de sécurisation des zones minières du Grand Katanga, poumon économique de la République Démocratique du Congo.
Autour du Chef de l’État, quatre gouverneurs étaient mobilisés : Martin Kazembe shula du Haut-Katanga, Fifi Masuka Saini du Lualaba, Marmont Banza Mulume du Haut-Lomami et Christian Kitungwa du Tanganyika. Des responsables des services de sécurité, des administrateurs territoriaux et des représentants du secteur minier ont également pris part aux échanges.
La rencontre s’est tenue au Gouvernorat du Haut-Katanga, dans un contexte marqué par la nécessité d’harmoniser les actions des provinces minières face aux défis communs. Vols, trafics illicites, conflits communautaires autour des sites d’exploitation et pressions sur les corridors logistiques figuraient parmi les points abordés.
Le Président Tshisekedi a rappelé que la sécurité ne peut plus être traitée province par province. Il a insisté sur une approche intégrée, capable d’anticiper les menaces transfrontalières et de protéger à la fois les populations riveraines et les opérateurs économiques.
Conformément aux directives issues du dernier Conseil des ministres, le gouvernement a fait de la sécurisation des bassins miniers une priorité nationale. Le cuivre, le cobalt et les autres minerais stratégiques extraits dans le Haut-Katanga, le Lualaba, le Haut-Lomami et le Tanganyika représentent plus de 70% des recettes d’exportation du pays.
Pour le Chef de l’État, il n’y a pas de développement durable sans un climat de confiance. « Nous voulons des investisseurs qui viennent avec la certitude que leurs capitaux, leurs travailleurs et leurs communautés d’accueil sont protégés », a-t-il souligné devant les membres du comité.
Au-delà de la dimension économique, la réunion a mis l’accent sur la cohésion sociale. Les gouverneurs ont présenté un état des lieux des tensions liées à l’exploitation artisanale, à l’accès à l’eau et aux terres, ainsi qu’aux revendications des jeunes dans les cités minières.
Le Président a instruit les autorités provinciales à renforcer le dialogue avec les chefs coutumiers, les organisations de la société civile et les entreprises, afin de prévenir les conflits et de mieux répartir les retombées du secteur extractif. L’idée centrale : une mine sécurisée doit aussi être une mine utile aux populations locales.
La stabilité sécuritaire a été présentée comme le premier facteur d’attractivité pour les capitaux nationaux et étrangers. Les participants ont convenu de mutualiser les renseignements, de renforcer les patrouilles mixtes sur les axes routiers stratégiques et de digitaliser le suivi des mouvements sur les sites.
Le gouvernement entend également accélérer la mise en place de brigades spécialisées pour la protection des infrastructures minières et énergétiques. L’objectif est de réduire les pertes liées à l’insécurité et de donner un signal fort aux partenaires techniques et financiers.
À l’issue des échanges, plusieurs résolutions ont été adoptées :
1. Harmonisation des plans de sécurité entre le Haut-Katanga, le Lualaba, le Haut-Lomami et le Tanganyika, avec un centre de coordination basé à Lubumbashi.
2. Renforcement de la présence de l’État dans les zones d’exploitation artisanale à travers des mécanismes de traçabilité et d’encadrement.
3. Appui aux initiatives de développement communautaire financées en partie par la redevance minière, pour limiter les frustrations sociales.
4. Évaluation trimestrielle des résultats par le Comité provincial de sécurité, sous la supervision de la Présidence.
En clôturant la réunion, Félix Tshisekedi a réaffirmé sa vision : faire du Grand Katanga un hub minier compétitif, stable et inclusif. « La paix dans nos mines est la condition de la richesse pour nos enfants. Nous n’avons pas le droit à l’échec », a-t-il déclaré.
Le déplacement présidentiel à Lubumbashi marque ainsi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la politique de sécurité économique du gouvernement. Les prochaines semaines seront consacrées à la traduction opérationnelle des décisions prises, avec un suivi rapproché depuis Kinshasa.
Lambert Mwamba