Le Ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a réagi avec fermeté aux allégations faisant état de pertes en vies humaines lors du sit-in organisé vendredi dernier par plusieurs formations de l’opposition. Face à la presse, il a exigé des éléments factuels précis avant toute conclusion hâtive.
Interrogé sur une prétendue répression meurtrière, le ministre a tranché :
"S'il y a eu des morts, qu'on nous fournisse les noms, les identités, les adresses et les morgues concernées. Nous, gouvernement, assumerons notre part".
Cette déclaration vise à couper court aux rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux depuis la dispersion du rassemblement. Pour Patrick Muyaya, aucune information officielle ne confirme à ce stade le bilan dramatique relayé par certains acteurs politiques.
Le porte-parole insiste sur la nécessité de vérifier l’information avant sa diffusion. Selon lui, publier des chiffres de morts sans preuves alimente la tension et fragilise le climat social déjà éprouvé. Il rappelle que l’exécutif reste ouvert au dialogue et assumera ses responsabilités si des manquements sont établis par les services compétents.
Le rassemblement tenu vendredi dans plusieurs villes du pays visait à dénoncer la gouvernance actuelle et à réclamer des réformes politiques. Les organisateurs ont dénoncé un usage disproportionné de la force. De son côté, la police a évoqué une intervention pour disperser un attroupement non autorisé. Le bilan officiel communiqué après les événements ne faisait état que de blessés légers et d’interpellations.
La sortie de Patrick Muyaya relance le débat sur la vérification des faits en période de contestation. Le ministre met l’accent sur trois éléments clés : l’identité des victimes, leur adresse, et les structures hospitalières ou morgues où les corps seraient déposés. Pour le gouvernement, ces données sont indispensables pour ouvrir une enquête crédible et transparente.
Cette position du porte-parole intervient alors que les organisations de défense des droits humains réclament une commission d’enquête indépendante. Elles estiment que seule une investigation impartiale permettra d’établir la vérité sur ce qui s’est réellement passé vendredi. Le gouvernement, de son côté, dit ne pas s’opposer au principe d’une enquête, à condition qu’elle repose sur des faits vérifiables.
En clôturant son intervention, Patrick Muyaya a appelé l’ensemble des acteurs politiques, journalistes et citoyens à faire preuve de retenue. Il considère que la stabilité du pays passe aussi par une information rigoureuse. La balle est donc renvoyée aux dénonciateurs : produire les preuves concrètes des décès allégués pour que l’État puisse, dit-il, "assumer sa part de responsabilité".
Yves Sayo