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Lualaba : Luilu, le secteur qui défie le contrôle - Des irrégularités graves qui choquent même les députés
By GéantRadio
Published on 12/06/2026 09:47
POLITIQUE

La plénière récente à l’Assemblée provinciale du Lualaba a été secouée ce par la présentation d’un rapport accablant. La sous-commission chargée du contrôle de la gestion administrative et financière du secteur Luilu a livré des conclusions qui interpellent directement la conscience collective et remettent en cause les fondements mêmes de la bonne gouvernance dans cette entité territoriale décentralisée. 

Conduite par le vice-président de l’organe délibérant, Archimède Kabeya Kalasa, la mission avait pour mandat clair d’évaluer la gestion des ressources publiques allouées au secteur Luilu. Mais dès les premières heures de travail, les contrôleurs se sont heurtés à un mur. Plusieurs documents financiers jugés indispensables pour retracer la circulation des fonds ont tout simplement été refusés par les responsables locaux. Cette obstruction, qualifiée d’inacceptable par la commission, constitue en elle-même une violation flagrante du principe de redevabilité qui lie toute autorité publique aux citoyens.

Pour les élus, ce refus de collaborer n’est pas un simple cafouillage administratif. Il est perçu comme une manœuvre délibérée visant à dissimuler des pratiques contraires à l’orthodoxie budgétaire. L’entrave au contrôle parlementaire porte directement atteinte à la séparation des pouvoirs et fragilise la confiance entre l’administration et la population. 

Bien que le rapport n’ait pas encore détaillé publiquement l’intégralité des montants en jeu, les premières conclusions font état de manquements répétés dans la tenue des livres comptables, l’absence de pièces justificatives et des procédures d’engagement de dépenses non conformes à la réglementation en vigueur. Des faits qui, selon plusieurs députés, relèvent d’une gestion opaque incompatible avec les exigences de transparence prônées par la Constitution et les lois de la République.

L’atmosphère est devenue électrique lorsque le président de l’Assemblée provinciale, Jean-Marie Kaseya, a pris la parole. Visiblement choqué par l’ampleur des dysfonctionnements, il n’a pas caché son indignation. Pour lui, la situation du secteur Luilu dépasse le cadre d’une simple négligence. Elle interpelle la responsabilité collective des animateurs de l’entité et exige des mesures correctives immédiates.

Face à ce constat alarmant, la sous-commission ne s’est pas contentée de dénoncer. Elle a formulé des recommandations fortes. Premièrement, elle exhorte l’Assemblée provinciale à multiplier et à intensifier les missions de contrôle dans toutes les entités territoriales décentralisées de la province. L’objectif est clair: instaurer une culture de rigueur et dissuader toute tentative de gestion cavalière des finances publiques.

Deuxièmement, elle demande à l’exécutif provincial d’instruire formellement le chef du secteur Luilu. Celui-ci devra désormais mettre à disposition, sans délai ni condition, tous les documents requis lors des missions de contrôle. La commission rappelle que cette exigence est déjà appliquée sans difficulté dans les autres entités du Lualaba, ce qui rend l’attitude de Luilu d’autant plus incompréhensible. 

Pour verrouiller le système et éviter toute nouvelle dérive, Jean-Marie Kaseya a suggéré une mesure forte: l’affectation permanente d’agents des divisions provinciales des finances directement au sein du secteur Luilu. Ces agents auraient pour mission d’assurer un suivi rigoureux des recettes, de certifier les opérations et de garantir que chaque franc collecté serve effectivement l’intérêt général. Une proposition qui vise à mettre fin à l’opacité et à responsabiliser les gestionnaires locaux.  

Prenant soin de dissiper tout malentendu, le président de l’Assemblée a insisté sur la nature de cette démarche. Il ne s’agit nullement d’un règlement de comptes ou d’un acharnement contre les animateurs du secteur Luilu. La mission de contrôle répond à un impératif constitutionnel: veiller à ce que les ressources de la province soient gérées avec probité, efficacité et au bénéfice des populations.

Jean-Marie Kaseya l’a rappelé avec fermeté: la transparence n’est pas une option, elle est une obligation. La redevabilité n’est pas un slogan, elle est le socle de toute action publique crédible.  

À travers ce rapport, l’Assemblée provinciale du Lualaba envoie un message sans équivoque. Le temps de l’impunité administrative est révolu. Chaque entité, quel que soit son poids politique ou économique, sera désormais soumise à l’exigence de rendre des comptes. La gestion du secteur Luilu devient ainsi un cas d’école. Elle symbolise à la fois les dérives à combattre et la volonté des institutions provinciales de redresser la barre.

L’enjeu dépasse largement Luilu. Il concerne l’ensemble des 36 territoires et secteurs que compte la province. Si les recommandations sont suivies d’effets, cette crise pourrait paradoxalement devenir le point de départ d’une nouvelle ère de gouvernance plus saine, plus contrôlée et plus proche des attentes des citoyens.

L’opinion publique retient son souffle. Reste maintenant à voir si les injonctions de l’Assemblée seront exécutées avec la même rigueur qui a présidé à leur formulation.

Etienne Kankwende/ Rapport Assemblée 

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