Ads
Kikuni défie les députés : « Vous jouez avec le feu, la RDC n’est pas votre royaume du Togo »
By GéantRadio
Published on 10/06/2026 11:39
POLITIQUE

Dans une intervention sans détour, l’opposant Seth Kikuni a vivement interpellé la majorité parlementaire sur ses velléités de révision de la Constitution. Face aux députés de l’Union sacrée, il a dénoncé ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle majeure et mis en garde contre les conséquences politiques d’une telle démarche.

Lors de sa prise de parole, Seth Kikuni a contesté frontalement la légitimité des élus de la majorité à engager une réforme de la Loi fondamentale. Il estime que le Parlement actuel est issu d’un processus électoral entaché d’irrégularités.  

« Vous êtes une majorité parlementaire issue d’un simulacre, d’un braquage électoral. Vous êtes tout sauf légitimes pour toucher à cette Constitution », a-t-il lancé à l’hémicycle.

L’ancien candidat à la présidentielle a poursuivi en accusant la coalition au pouvoir de porter atteinte à l’État de droit. Pour lui, toute tentative de modification constitutionnelle dans le contexte actuel équivaut à fragiliser l’équilibre institutionnel du pays.  

« Vous avez décidé, en tant qu’Union sacrée, d’assassiner le droit. Vous avez placé la République démocratique du Congo de fait dans une sorte d’anarchie, en situation de déconstitutionnalisation », a martelé Seth Kikuni.

Au-delà de la question de légitimité, l’opposant a rappelé le poids historique et politique de la RDC sur la scène régionale. Il a appelé les députés à mesurer la portée de leurs actes et à anticiper la réaction de la population.  

« Chaque action produit sa propre réaction, et cette réaction est toujours proportionnelle à l’action posée. La RDC n’est pas le Togo, la RDC n’est pas le Congo-Brazzaville, la RDC n’est pas le Gabon. Chers honorables, prenez garde », a-t-il averti.  

Cette sortie intervient alors que le débat sur une possible révision constitutionnelle revient régulièrement dans l’actualité politique congolaise. Plusieurs cadres de l’Union sacrée ont récemment évoqué la nécessité d’adapter la Constitution aux « réalités actuelles ». Une position que l’opposition rejette, y voyant une manœuvre pour prolonger le pouvoir en place ou réorganiser l’architecture institutionnelle à son avantage.

Pour Seth Kikuni, la Constitution de 2006, issue d’un large consensus après la transition, reste un socle de stabilité. La toucher sans légitimité populaire claire ouvrirait, selon lui, une période d’incertitude juridique et politique.

En comparant la RDC à d’autres États de la région ayant connu des révisions constitutionnelles controversées, Seth Kikuni cherche à souligner la spécificité congolaise. Son message : le rapport de force politique et l’histoire des mobilisations citoyennes en RDC rendent tout passage en force particulièrement risqué.

L’opposant invite ainsi les députés de la majorité à privilégier le dialogue et à respecter l’ordre constitutionnel. Il estime que la stabilité du pays dépend du respect des règles du jeu démocratique et non de leur réécriture unilatérale.  

Du côté de l’Union sacrée, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la publication de cet article. Toutefois, des sources parlementaires indiquent que le sujet de la révision constitutionnelle reste sensible et divise même au sein de la majorité.

Dans l’opposition et la société civile, les propos de Seth Kikuni font écho aux inquiétudes déjà exprimées ces derniers mois. Plusieurs mouvements citoyens ont prévenu qu’ils se mobiliseraient en cas d’initiative parlementaire visant à modifier la Constitution sans consultation populaire.

La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée nationale. Entre volonté de réforme affichée par certains et résistance d’une partie de la classe politique, le débat constitutionnel s’annonce comme l’un des points chauds de la législature en cours.

Yves Sayo 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online