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Depuis le Lualaba, l’ART refuse le "changement brusque de la Constitution"
By GéantRadio
Published on 04/06/2026 14:23 • Updated 04/06/2026 16:41
POLITIQUE

Le débat sur la révision constitutionnelle continue de diviser la classe politique congolaise. Dans la province du Lualaba, l’Alliance pour la Réforme du Territoire (ART), formation politique dirigée par le sénateur Michel Kanyimbu, a officiellement exprimé son désaccord avec ce projet. 

Le parti estime que les conditions actuelles ne se prêtent pas à une modification de la Loi fondamentale. Cette position a été clarifiée par le député provincial Dalton Yav, l’un des cadres influents de l’ART, au cours d’une interview exclusive accordée au journaliste Gaston Neema. 

« Notre parti dit non au changement de la Constitution », a déclaré sans détour Dalton Yav. Pour l’élu provincial, engager une telle réforme aujourd’hui ne répondrait pas aux priorités des populations. 

Selon le député provincial, la base de l’ART au Katanga, et plus particulièrement dans le Lualaba, s’oppose à toute démarche jugée précipitée. « La population katangaise n'est pas d'accord avec un changement brusque de la Constitution », a-t-il insisté. 

Dalton Yav souligne que les préoccupations des citoyens portent davantage sur les questions socio-économiques que sur une réforme institutionnelle. L’accès à l’emploi, la sécurité, les infrastructures de base et la stabilité des prix demeurent, selon lui, les urgences du moment.

Pour l’ART, toute révision constitutionnelle doit faire l’objet d’un large consensus national et intervenir dans un climat apaisé. Le parti du sénateur Michel Kanyimbu redoute que le projet actuel ne crée des tensions supplémentaires dans un pays déjà confronté à plusieurs défis sécuritaires et sociaux.

Figure politique respectée dans l’espace Grand Katanga, le sénateur Michel Kanyimbu s’est imposé comme un acteur clé du paysage politique du Lualaba. À travers son parti, l’ART, il entend peser sur les grandes décisions nationales. 

La sortie médiatique de Dalton Yav traduit donc une ligne politique assumée par l’ensemble du parti. L’ART rejoint ainsi d’autres formations de l’opposition et de la société civile qui appellent à la prudence sur ce dossier sensible. 

Le cadre de l’ART n’a pas manqué de rappeler que la Constitution du 18 février 2006, bien que perfectible, reste le socle de la stabilité institutionnelle. « On ne change pas les règles du jeu en cours de match », a-t-il imagé, estimant que le timing choisi pour cette initiative pose problème.

À travers cette déclaration, l’ART adresse un signal clair aux promoteurs de la révision constitutionnelle. Le parti appelle à prioriser la cohésion nationale et à concentrer les efforts sur l’amélioration des conditions de vie des Congolais.

Dalton Yav a également invité les autres forces politiques du Lualaba à se prononcer sur la question, afin que la voix de la province soit entendue au niveau national. Pour lui, le débat doit rester démocratique et tenir compte de l’avis des populations à la base.

Alors que le sujet continue d’alimenter les discussions à Kinshasa, la position de l’ART vient renforcer le camp de ceux qui estiment que le pays a d’autres priorités que la révision de sa Loi fondamentale. 

Le sénateur Michel Kanyimbu et son parti maintiennent ainsi leur ligne : stabilité institutionnelle d’abord, réformes consensuelles ensuite. Une position qui, selon Dalton Yav, reflète fidèlement l’opinion de la population katangaise dans son ensemble.

Rédaction 

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