Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu lundi avec son homologue congolais Félix Tshisekedi. L’échange a porté sur trois axes majeurs : la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, le renforcement de la coopération bilatérale et la riposte sanitaire face à l’épidémie d’Ebola qui touche l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Emmanuel Macron a souligné l’urgence d’une réponse coordonnée pour contenir l’épidémie. Il a rappelé la volonté de Paris d’appuyer la RDC sur le plan sanitaire et économique, en mobilisant notamment le secteur privé français.
"Nous avons réaffirmé notre volonté d’apporter une réponse coordonnée à cette crise sanitaire. Nous avons par ailleurs confirmé notre ambition de renforcer le partenariat entre nos deux pays en particulier sur le plan économique avec l’appui de notre secteur privé", a déclaré le chef de l’État français.
L’OMS a confirmé le 15 mai 2026 une épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays. Classée urgence de santé publique de portée internationale, elle implique une souche rare du virus. Aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe à ce jour contre cette souche. L’entretien entre les deux présidents s’inscrit dans l’effort de mobilisation internationale pour endiguer la propagation.
Sur le volet sécuritaire, les discussions ont abordé les combats persistants dans l’Est entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda selon Kinshasa. Emmanuel Macron a réitéré l’engagement de la France en faveur des initiatives diplomatiques pour un retour durable de la paix.
"Enfin, nous avons échangé sur la situation dans l’Est de la RDC. La France soutient les efforts de paix en cours pour permettre le rétablissement de la souveraineté pleine et entière de la RDC sur l’ensemble de son territoire", a ajouté Emmanuel Macron.
Paris confirme ainsi son appui aux deux cadres de médiation actifs dans la région. Le processus de Washington encadre les tensions entre Kinshasa et Kigali. Le processus de Doha traite le conflit entre Kinshasa et l’AFC/M23. La France plaide pour l’accélération de leur mise en œuvre sur le terrain.
Emmanuel Macron a également insisté sur la réouverture de l’aéroport de Goma, au Nord-Kivu. L’objectif est de relancer les vols humanitaires destinés aux populations civiles de l’Est.
Cette priorité avait déjà été actée le 30 octobre 2025 à Paris. La France et le Togo avaient pris l’engagement, lors de la Conférence internationale de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, d’œuvrer pour une réouverture partielle. Le plan prévoit des vols humanitaires "deux jours par semaine, avec de petits gabarits", dans le respect de la souveraineté congolaise.
La mesure reste toutefois bloquée. Kinshasa et l’AFC/M23 se renvoient la responsabilité du retard, dans un climat de méfiance persistante.
Au-delà des urgences sécuritaire et sanitaire, les deux dirigeants ont évoqué le renforcement du partenariat économique franco-congolais. Paris mise sur une implication accrue de ses entreprises privées pour soutenir des projets structurants en RDC, notamment dans les secteurs de la santé, des infrastructures et de l’énergie.
Cet entretien confirme la volonté de la France de maintenir son implication diplomatique et économique en RDC. Il intervient dans un contexte régional tendu, marqué par une double crise sanitaire et sécuritaire qui mobilise la communauté internationale.
Yves Sayo