L’Office congolais du contrôle (OCC) s’apprête à retrouver son directeur général à la tête de l’institution. Etienne Tshimanga Mutombo reprendra officiellement ses fonctions ce jeudi 28 mai 2026, après une suspension conservatoire de trois mois prononcée par le ministère du Commerce extérieur.
La décision de levée de suspension a été officialisée lundi 25 mai 2026 par un arrêté ministériel signé par Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur. Dans le document, le ministre précise que la mesure de suspension à titre conservatoire frappant M. Tshimanga est désormais levée, conformément au cadre réglementaire en vigueur en République Démocratique du Congo.
Dans son arrêté, Julien Paluku rappelle que la législation congolaise limite la durée d’une suspension administrative à trois mois, sauf en cas de condamnation définitive prononcée par les instances judiciaires compétentes. « Conformément aux textes réglementaires en vigueur en RDC, la durée d’une suspension ne peut excéder trois mois, sauf en cas de condamnation définitive », souligne-t-il.
Le ministre indique par ailleurs que le dossier administratif a été transmis à l’autorité compétente pour la suite de la procédure. Cette transmission suggère que l’enquête interne se poursuit au-delà de la mesure conservatoire, sans pour autant bloquer la reprise de fonction de l’intéressé.
La suspension d’Etienne Tshimanga remontait au 16 février 2026, par arrêté du même ministère. À l’époque, Julien Paluku justifiait la mesure par la volonté de « sauver de la dérive cet établissement public à caractère scientifique et technique ».
Au cœur des griefs : l’installation d’un système informatique parallèle de contrôle des importations et des exportations. Selon le ministère, ce dispositif aurait été mis en place dans le but d’orchestrer l’usage frauduleux de fausses Attestations de Vérification (AV). Ces pratiques auraient engendré un manque à gagner important pour le Trésor public, estimé à plusieurs milliers de dollars américains.
Le cabinet du ministère avait également évoqué une gestion jugée chaotique des ressources humaines et financières au sein de l’OCC, ainsi que des actes d’insubordination de la part du directeur général. La suspension s’était étendue aux agents et cadres impliqués dans les faits reprochés, dans ce que le ministère qualifiait d’acte à la fois administratif et extra-administratif.
Pendant l’absence d’Etienne Tshimanga, la continuité du service public a été assurée par une commission de redressement mise en place par le ministère du Commerce extérieur. La composition et les missions de cette structure intérimaire avaient été fixées par un arrêté distinct.
La commission était placée sous la supervision de Christelle Muabilu, directrice générale adjointe de l’OCC, qui en assurait la présidence. Sa mission principale consistait à stabiliser le fonctionnement de l’office et à corriger les dysfonctionnements relevés durant la période précédant la suspension.
Avec la levée de la mesure conservatoire, Etienne Tshimanga Mutombo reprend la direction de l’OCC dès ce jeudi 28 mai 2026. Toutefois, son retour s’effectue sous la supervision du Secrétaire général au Commerce extérieur, signe que le ministère entend maintenir un contrôle rapproché sur la gestion de l’établissement.
Ce retour intervient dans un contexte sensible pour l’OCC, institution chargée du contrôle qualité et de la conformité des marchandises importées et exportées en RDC. L’enjeu est double : rétablir la confiance interne et externe dans l’office, tout en garantissant la sécurisation des recettes douanières et fiscales liées aux procédures de vérification.
La transmission du dossier à l’autorité compétente laisse entendre que la procédure administrative pourrait connaître de nouveaux développements. Pour l’heure, aucune condamnation définitive n’a été prononcée, ce qui justifie la réintégration du directeur général dans le respect du délai légal de trois mois.
L’affaire met en lumière les tensions récurrentes autour de la digitalisation des procédures de contrôle en RDC, entre modernisation des outils et risques de contournement des circuits officiels. Elle pose aussi la question de la gouvernance des établissements publics techniques, au croisement des enjeux de transparence, de performance et de responsabilité.
L’opinion publique et les opérateurs économiques suivront de près les premiers actes posés par Etienne Tshimanga à sa reprise, notamment sur la réforme du système informatique de contrôle et la gestion des ressources humaines au sein de l’OCC.
Yves Sayo