Au cœur du Kasaï Oriental, le poste de péage de Lubilanji s’impose comme un levier incontournable de l’économie provinciale. Positionné stratégiquement sur la Route Nationale n°1, cet ouvrage constitue le principal point de passage obligé pour tous les flux entrants et sortants de Mbujimayi, capitale provinciale et centre névralgique de l’industrie diamantifère congolaise.
La localisation du péage de Lubilanji n’est pas anodine. Érigé sur la RN1, il contrôle l’unique axe routier majeur qui relie Mbujimayi au reste du pays. Chaque véhicule, qu’il s’agisse de camions de marchandises, de bus de transport public ou de véhicules particuliers, transite par ce point. Cette position en fait une porte d’entrée et de sortie naturelle de la ville, concentrant l’essentiel du trafic interprovincial.
Selon les données administratives locales, le péage de Lubilanji génère la part la plus importante des recettes propres du Kasaï Oriental. Les droits perçus sur le passage des véhicules alimentent directement le budget provincial et permettent de financer une partie des dépenses de fonctionnement ainsi que certains projets d’infrastructure. Dans un contexte où la mobilisation des ressources internes reste un défi pour de nombreuses provinces, Lubilanji représente un mécanisme de financement autonome et régulier.
Au-delà de sa fonction fiscale, le péage fonctionne comme un baromètre économique. Le volume de véhicules enregistrés quotidiennement reflète l’intensité des échanges commerciaux, l’approvisionnement de la ville en biens de consommation, et la circulation des produits miniers et agricoles. Une hausse du trafic est généralement corrélée à une reprise des activités commerciales à Mbujimayi, tandis qu’un ralentissement signale souvent des perturbations sur les axes routiers ou une baisse de la demande.
L’importance du péage soulève également des questions de gestion et de transparence. La modernisation du système de perception, la sécurisation des recettes et l’entretien du tronçon routier adjacent sont des enjeux prioritaires pour maximiser l’impact de cette infrastructure. Plusieurs acteurs locaux plaident pour une réallocation plus visible des fonds générés vers la réhabilitation de la RN1 et l’amélioration des conditions de circulation.
Lambert Mwamba