En mission officielle dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a conduit une intervention ferme contre l’exploitation illicite de l’or dans la chefferie de Djalasiga, territoire de Mahagi, province de l’Ituri.
L’inspection menée sur le terrain a révélé l’existence de plusieurs sites aurifères exploités en dehors de tout cadre légal. Des opérateurs expatriés, dépourvus de titres miniers et d’autorisations valides, y menaient des activités à grande échelle. L’utilisation d’engins lourds, notamment des excavateurs et des dragues, a été constatée sur place. Ces pratiques constituent une violation directe du Code minier et des règlements en vigueur en RDC.
Devant l’ampleur des infractions, le Ministre a pris des mesures immédiates. Il a ordonné la saisie conservatoire de l’ensemble des engins utilisés sur les sites incriminés. Il a également exigé la fermeture sans délai de toutes les zones d’exploitation illégale identifiées lors de la mission. Enfin, le dossier a été transmis aux instances judiciaires compétentes. L’objectif est clair : établir les responsabilités, poursuivre les contrevenants et appliquer les sanctions prévues par la loi.
Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large portée au plus haut niveau de l’État. Elle matérialise la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place la restauration de l’autorité de l’État dans les zones minières parmi ses priorités. Elle s’exécute sous la coordination de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, dans le cadre du programme gouvernemental visant à assainir le secteur extractif.
Trois axes guident l’action du Gouvernement : renforcer la gouvernance minière, éradiquer les circuits de fraude et de contrebande, et s’assurer que l’exploitation des ressources naturelles génère des retombées concrètes pour les communautés locales. Les provinces de l’Est, riches en minerais mais longtemps fragilisées par l’insécurité et l’économie informelle, sont particulièrement ciblées par ces réformes.
Le Ministère des Mines rappelle que nul n’est autorisé à exploiter les substances minérales sans détenir un droit minier en bonne et due forme, délivré par les services compétents. L’introduction d’engins mécanisés sur des sites artisanaux est strictement encadrée. Les opérateurs étrangers doivent se conformer aux lois sur l’investissement, le partenariat local et les obligations fiscales et environnementales.
Au-delà de l’aspect répressif, cette intervention porte un volet pédagogique. Elle envoie un signal fort à tous les acteurs de la chaîne minière : l’ère de la tolérance administrative est révolue. Les services techniques, la Police des Mines et les parquets spécialisés sont instruits pour multiplier les contrôles inopinés sur l’ensemble du territoire national.
Les autorités provinciales de l’Ituri et les entités territoriales décentralisées ont été appelées à renforcer la vigilance. La chefferie de Djalasiga, comme d’autres zones aurifères, fera l’objet d’un suivi rapproché. Des missions conjointes entre l’administration des mines, les services de sécurité et la justice seront organisées pour prévenir toute récidive.
Le Gouvernement réaffirme son engagement à protéger le patrimoine minier national. L’or, le coltan, le cobalt et les autres ressources stratégiques doivent cesser d’alimenter les réseaux illicites. Leur exploitation doit désormais contribuer au budget de l’État, au financement des infrastructures et à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines.
Cette action du Ministre Louis Watum Kabamba marque une étape dans la lutte contre la prédation des ressources. Elle illustre la volonté politique d’imposer la transparence, la traçabilité et la légalité dans un secteur clé pour l’économie congolaise. Le message adressé aux exploitants illégaux est sans ambiguïté : l’impunité n’a plus sa place dans le secteur minier congolais.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Les enquêtes judiciaires ouvertes à Mahagi permettront d’identifier les commanditaires, les complices et les bénéficiaires de ces activités clandestines. Le Ministère des Mines annonce que les résultats seront rendus publics et que les équipements saisis ne seront restitués qu’à l’issue des procédures prévues par la loi.
Pour les communautés de Djalasiga, cette intervention suscite l’espoir d’une gestion plus juste des ressources locales. L’État s’engage à accompagner la formalisation de l’exploitation artisanale, à condition qu’elle respecte les normes légales, environnementales et sociales. Des coopératives encadrées et des zones d’exploitation artisanale dédiées restent la voie privilégiée pour intégrer les creuseurs dans l’économie formelle.
Lambert Mwamba