La 9e édition de la Semaine Française de Kinshasa (SFK) a été officiellement lancée en présence des principaux acteurs du partenariat économique franco-congolais. Autour de la table : Bertrand Bisengimana, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC), Rémi Maréchaux, ambassadeur de France en République Démocratique du Congo, Rachel Pungu, directrice générale de l’ANAPI, et Rodolphe Guerbette, président du comité RDC des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF). Chacun a détaillé les enjeux et les ambitions de ce rendez-vous économique majeur.
Ouvrant la rencontre, Bertrand Bisengimana a défini la vocation première de la Semaine Française : être un salon professionnel annuel, conçu comme un outil concret de rapprochement entre les communautés d’affaires congolaises et françaises. Loin d’un simple forum de discussions, l’événement se veut résolument pratique. Son programme s’articule autour de trois piliers : des conférences thématiques pour décrypter les tendances, des ateliers spécialisés pour aborder les aspects techniques et réglementaires, et des rencontres d’affaires ciblées. Plusieurs délégations d’entreprises venues de France sont attendues pour concrétiser des partenariats sur place.
L’ambassadeur Rémi Maréchaux a ensuite dressé un état des lieux du climat économique congolais, qu’il qualifie d’opportun pour les investisseurs. Il s’appuie sur des indicateurs solides : une croissance nationale supérieure à 5%, portée par des secteurs miniers qui affichent des taux à deux chiffres, dépassant 10%. Ces performances font de la RDC un marché à fort potentiel.
Le diplomate a également salué la dynamique de la présence économique française, tout en appelant à aller plus loin. Avec environ 65 entreprises françaises implantées aujourd’hui en RDC, la progression est réelle mais le volume reste modeste comparé à d’autres hubs africains comme la Côte d’Ivoire ou le Kenya. L’objectif implicite : combler cet écart.
Représentant le gouvernement, Rachel Pungu, directrice générale de l’ANAPI, a réitéré la détermination des autorités à rendre le pays plus attractif. L’amélioration du climat des affaires et la diversification des investissements sont au cœur de la stratégie nationale. Elle a rappelé les priorités fixées par l’exécutif : diversifier une économie encore trop dépendante des matières premières, assurer un développement durable et équitable des 26 provinces, et investir massivement dans le capital humain. 
Son message aux partenaires français est clair : « La RDC se prépare à accueillir des investisseurs diversifiés et attend la France pour écrire ensemble une nouvelle page de transformation économique ». Une invitation directe à co-construire des projets structurants.
Rodolphe Guerbette, pour les Conseillers du Commerce Extérieur de la France, a confirmé l’appétence grandissante des entreprises françaises pour le marché congolais. Cet intérêt s’accompagne d’un regard lucide sur les obstacles qui subsistent. Il cite trois chantiers prioritaires pour lever les freins : la poursuite de la simplification administrative, le renforcement de la sécurité juridique des investissements et l’accélération de la mise à niveau des infrastructures. 
Pour lui, la SFK joue un rôle de catalyseur essentiel. Elle offre un cadre de dialogue direct, rare et efficace, entre décideurs publics et opérateurs privés. « Nous estimons que le futur de la croissance francophone passe par la RDC », a-t-il affirmé. « La SFK est un ralliement des autorités congolaises et des chefs d’entreprise français et congolais. Nous pensons que les barrières administratives peuvent tomber au profit d’un dialogue plus direct. Nous nous tenons à la disposition de tous pour que cette semaine soit un succès, comme les huit précédentes éditions ».
Les organisateurs ont précisé la feuille de route de cette 9e édition. L’accent sera mis sur des filières jugées stratégiques pour les deux économies : mines, énergie, logistique, numérique et développement durable. Pour maximiser l’impact, le format privilégie l’opérationnel avec des rencontres B2B entre entreprises, des sessions B2G avec les administrations, des masterclass techniques et des séquences de networking ciblées. L’ambition : déboucher sur des collaborations effectives et des contrats signés, pas seulement sur des intentions.
Les différentes interventions ont convergé vers un même constat : le potentiel est réel, les signaux économiques sont au vert, et la volonté politique existe des deux côtés. L’enjeu désormais est de passer du discours à l’exécution. Les défis liés à la stabilité, à la transparence et à la confiance demeurent des prérequis pour transformer les opportunités en projets industriels, en créations d’emplois et en croissance partagée.
La 9e Semaine Française de Kinshasa se positionne comme un accélérateur de cette dynamique, en misant sur le dialogue direct pour faire tomber progressivement les dernières barrières à l’investissement.
Yves Sayo