Le Bureau du Sénat a tenu à remettre les pendules à l'heure sur le respect des immunités parlementaires. Dans un contexte marqué par l'interpellation musclée de la sénatrice Carole Agito Amela, élue du Bas-Uele, le président de la chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde, a fait un rappel ferme de la Constitution.
C'était à l'occasion de l'ouverture de la séance plénière de ce jeudi 22 octobre 2026. Face aux sénateurs, l'ancien Premier ministre et élu du Haut-Katanga a exprimé la solidarité de l'ensemble du Bureau à sa collègue, tout en déplorant l'incident survenu la veille.
Pour asseoir sa mise au point, Sama Lukonde s'est appuyé sur deux textes fondamentaux : l'article 107 de la Constitution, telle que modifiée à ce jour, et l'article 223 du Règlement intérieur du Sénat.
Il a cité sans détour la Loi fondamentale :
"Aucun parlementaire ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé en raison des opinions ou votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions", a martelé le Président du Sénat.
Allant plus loin, il a détaillé les garde-fous qui protègent les élus de la Nation contre toute arrestation arbitraire.
"Aucun parlementaire ne peut, en cours de session, être poursuivi ou arrêté, sauf en cas de flagrant délit, qu'avec l'autorisation du Sénat", a-t-il précisé.
"En dehors des sessions, aucun parlementaire ne peut être arrêté qu'avec l'autorisation du Bureau du Sénat, sauf en cas de flagrant délit, de poursuite autorisée ou de condamnation définitive", a-t-il ajouté.
Au-delà de l'aspect juridique, la sortie de Sama Lukonde avait une portée politique claire : défendre l'honneur et l'intégrité de l'institution.
"Tout en regrettant l'incident survenu hier, le Bureau exprime sa solidarité à notre collègue Carole Agito Amela", a-t-il affirmé.
Selon plusieurs témoignages concordants, la sénatrice du Bas-Uele aurait été interpellée par des services de sécurité et de renseignement, soumise à des interrogatoires dans des conditions jugées non conformes à son statut de parlementaire. C'est ce traitement qui aurait provoqué la vive réaction du Bureau.
En conclusion, le président du Sénat a lancé un avertissement à peine voilé aux instances judiciaires et sécuritaires, tout en rassurant ses pairs :
"Le Bureau réaffirme son attachement au respect des procédures prévues en cas de saisine par les instances judiciaires. Il veillera au respect strict des dispositions de la Constitution et de notre règlement intérieur."
Par cette sortie, le Sénat entend réaffirmer son indépendance et rappeler que le statut de parlementaire n'est pas une simple formalité, mais une protection constitutionnelle que nul ne peut fouler au pied.
Yves Sayo