La situation à la prison centrale de Makala est devenue intenable. C'est le constat dressé par le ministre d'État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, lors de sa visite ce jeudi 16 octobre 2026.
Accompagné du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, le ministre est venu voir de lui-même les conditions de vie des détenus.
Et ce qu'il a trouvé est alarmant. Le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) est censé accueillir 1 500 prisonniers. Aujourd'hui, il en compte 16 238. Dix fois plus que sa capacité.
À l'intérieur des pavillons, les détenus ont pris la parole. Ils ont décrit leur quotidien : ils n'ont pas où dormir, ils manquent de nourriture et de soins. Certains affirment même être emprisonnés pour de petites infractions.
"Nous sommes fatigués, nous souffrons", ont-ils lancé.
Face à cela, le ministre n'a pas caché son inquiétude. Il explique que la prison n'a tout simplement plus les moyens de suivre.
"On nourrit 16 000 personnes avec un budget prévu pour 5 000", a-t-il déploré.
Pour répondre à l'urgence, des mesures ont été annoncées. Dès ce vendredi, des dossiers seront examinés pour accorder des libérations, dans le respect de la loi. Sur place, le Procureur général a déjà procédé à quelques libérations symboliques, sur les 108 cas identifiés. Ces libérations s'ajoutent aux 66 accordées la semaine dernière.
Une attention particulière sera aussi portée aux plus vulnérables. Le ministre a été choqué par la situation des femmes, qui dorment à huit sur un même lit, et par celle des mères détenues avec leurs bébés. Les malades mentaux et les enfants en conflit avec la loi sont également concernés.
Pour lui, la prison ne doit pas être un mouroir, mais un lieu pour se corriger et préparer son retour dans la société.
Il a promis de revenir à Makala avant la fin de l'année 2026 pour voir si les choses se sont améliorées.
Yves Sayo