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Washington coupe court : FRN ou M23, c'est la même rébellion rwandaise
By GéantRadio
Published on 15/10/2026 13:39
POLITIQUE

Le changement de dénomination de l'Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) en Front pour la Refondation de la Nation (FRN) n'a pas mis fin à la spirale des accusations mutuelles entre le mouvement rebelle et le gouvernement de Kinshasa.

Sur le terrain, les deux parties continuent de s'accuser de violations répétées du cessez-le-feu et de non-respect des engagements pris dans le cadre des différentes initiatives diplomatiques lancées pour tenter de résoudre la crise sécuritaire qui déchire l'Est de la République Démocratique du Congo.

Si certains observateurs ont pu croire que cette nouvelle appellation allait annuler les engagements antérieurs ou remettre les compteurs à zéro dans le cadre du processus de Doha, il n'en est rien. La communauté internationale, et en particulier les États-Unis, considère que le FRN reste pleinement lié par les accords déjà paraphés.

A la tribune du Conseil de sécurité des Nations Unies, lors de la session consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs avec un focus particulier sur la RDC, Washington a lancé un appel clair aux belligérants. L'administration américaine exhorte Kinshasa et le mouvement rebelle à s'appuyer sur les avancées enregistrées pour parvenir à la conclusion des protocoles restants.

"Nous remercions le Qatar pour sa facilitation continue et exhortons la RDC et l'AFC/M23, par le biais de leur alliance nouvellement rebaptisée Front pour la refondation de la nation, à tirer parti des progrès réalisés en Suisse pour conclure les protocoles de Doha restants. Nous saluons la médiation de l'Union africaine sous l'égide du président togolais Faure Gnassingbé et les contributions de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Une étroite coordination entre ces efforts et avec les processus de Washington et de Doha demeure essentielle", a déclaré mardi 13 octobre 2026 l'ambassadeur Jeffrey Bartos, représentant des États-Unis pour la gestion et la réforme des Nations Unies.

Le diplomate américain a également salué le travail de vérification sur le terrain. Il a évoqué les premières missions du Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi Plus (MCVR+) à Minembwe au Sud-Kivu et à Masisi au Nord-Kivu, qui démontrent, selon lui, comment une vérification impartiale peut aider les parties à enquêter sur les violations présumées du cessez-le-feu. Il a remercié la MONUSCO pour son appui opérationnel essentiel.

Autre signal jugé encourageant par Washington : la libération par Kinshasa de 15 détenus affiliés à la rébellion, dans le cadre du protocole d'échange de prisonniers. "Le respect constant de ces engagements peut instaurer la confiance nécessaire à des progrès à la table des négociations", a insisté l'ambassadeur Bartos.

Pour rappel, le 15 novembre 2025, Kinshasa et le M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports onusiens, avaient signé à Doha sous l'égide du Qatar une feuille de route soutenue par Washington et l'Union africaine. Ce texte prévoit huit protocoles thématiques : libération des prisonniers, surveillance du cessez-le-feu, accès humanitaire, restauration de l'autorité de l'État, arrangements sécuritaires et DDR, questions d'identité et retour des déplacés, relance économique, et justice transitionnelle.

A ce jour, seuls deux protocoles ont été signés, sans être véritablement appliqués. Les six autres restent au point mort malgré les rencontres d'évaluation entre Doha et Montreux, laissant le champ libre à la poursuite des hostilités sur le terrain.

Yves Sayo 

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