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RDC : L’ASADHO dévoile un rapport choc sur la corruption dans le secteur minier de l'ex-Katanga
By GéantRadio
Published on 15/10/2026 18:45
ÉCONOMIE

Un tout premier rapport diagnostic sur la corruption dans la filière cupro‑cobaltifère en République démocratique du Congo RDC vient d’être publié. 

Fruit d’une enquête menée par l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption "APLC", l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives "ITIE‑RDC" et la société civile, avec l’appui du Natural Resources Governance Institute "NRGI", ce document met en lumière les dérives d’un secteur stratégique.

Présenté par maître Jean‑Claude Katende, président de l’ASADHO et vice‑président de la FIDH, ce rapport rappelle que la RDC détient plus de 70 % du cobalt mondial, moteur de la transition énergétique dont le monde entier fait les yeux doux pour quitter les énergies polluantes aux énergies moins polluantes. 

La filière cupro‑cobaltifère représente 95 % des recettes d’exportation et 40 % du PIB national. Pourtant, le pays stagne à la 162ᵉ place sur 180 dans l’indice de Transparency International. En 2022, les revenus miniers ont atteint des records, mais l’écart entre richesse produite et développement social reste abyssal. La raison est simple: les fuites de capitaux, autrement dit la corruption.

Cette enquête en terme des résultats evoque Trois foyers clés de corruption

1. Octroi des licences et contrats : le règne du gré à gré: 

Le rapport dénonce l’opacité persistante dans l’attribution des carrés miniers, souvent hors appel d’offres. La pratique du gré à gré favorise les pots‑de‑vin et les conflits d’intérêts. Résultat : des permis bradés à des sociétés sans expertise, utilisées pour lever des fonds à l’étranger.

2. Gouvernance des entreprises publiques : le trou noir Gécamines

La Gécamines cède ses actifs via des joint‑ventures dont les revenus échappent au Trésor public. L’enquête pointe l’opacité des flux financiers et le recours excessif aux contrats d’amodiation, qui fragilisent l’outil de production.

3. Environnement, social et artisanal : l’impunité sur le terrain 

Le rapport relève l’insuffisance des études d’impact environnemental, le non‑respect des cahiers des charges envers les communautés et la présence persistante de militaires sur les sites miniers malgré l’ordre présidentiel de retrait. 

À Tenke‑Fungurume, des tirs quotidiens contre les creuseurs artisanaux provoquent des morts, sans enquête. 

S’y ajoutent la contamination des chaînes légales par l’artisanat non contrôlé et le blanchiment via des centres de négoce opaques.

Ce document affi me que la corruption, une violation des droits humains« La corruption prive l’État des moyens dont il a besoin pour améliorer les droits humains. L’argent qui devrait construire des routes, fournir de l’eau potable, bâtir des écoles et payer les enseignants, va dans les poches d’individus », souligne le rapport.

 Des recommandations urgentes 

Le document insiste : il ne s’agit pas de réécrire la loi, mais de l’appliquer. 

Cinq mesures prioritaires sont proposées :

- Digitaliser le Cadastre minier pour supprimer les interventions discrétionnaires.

- Auditer les flux financiers entre Gécamines, partenaires et État.

- Divulguer les bénéficiaires effectifs des sociétés minières.

- Formaliser les coopératives artisanales avec traçabilité dès le puits.

- Renforcer les agences publiques par des laboratoires et des budgets de contrôle.

 Rédaction

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