Depuis Lubumbashi, l'ancien ministre et président du parti politique SCODE, Jean-Claude Muyambo Kyassa, a livré une sortie médiatique au ton particulièrement virulent à l'encontre de l'ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange.
Dans sa déclaration, l'opposant affirme que Joseph Kabila porterait une lourde responsabilité dans plusieurs assassinats qui ont marqué l'histoire politique récente de la République Démocratique du Congo. Il cite nommément deux figures majeures de l'entourage du pouvoir sous Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila : Augustin Katumba Mwanke, puissant conseiller et homme de l'ombre décédé en 2012, et le général Samba Kaputo, ancien conseiller à la sécurité.
Pour Jean-Claude Muyambo, ces disparitions ne seraient pas accidentelles et s'inscriraient dans une série d'éliminations politiques dont l'ancien chef de l'État serait le commanditaire. Selon lui, Joseph Kabila n'aurait dès lors aucune leçon de gouvernance ou de morale à donner au peuple congolais.
L'accusation la plus grave porte sur l'assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila, tué par balles le 16 janvier 2001 dans sa résidence du Palais de Marbre à Kinshasa. Jean-Claude Muyambo affirme que Joseph Kabila serait impliqué dans la mort de son propre père, son prédécesseur à la tête du pays. Une thèse qui, si elle est relayée depuis des années dans certains cercles politiques, n'a jamais été établie par la justice.
Cette sortie intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, alors que le nom de Joseph Kabila revient avec insistance dans le débat public sur la crise sécuritaire dans l'Est du pays.
Il convient de souligner qu'à ce stade, ces déclarations restent des accusations portées par un acteur politique. Elles constituent le point de vue de Jean-Claude Muyambo Kyassa et ne reposent, en l'état, sur aucune décision de justice ni sur des éléments d'enquête rendus publics permettant d'établir la responsabilité pénale de Joseph Kabila dans les affaires citées, que ce soit pour Katumba Mwanke, Samba Kaputo ou Mzee Laurent-Désiré Kabila.
Plus de 25 ans après la mort de Mzee, les circonstances exactes de son assassinat continuent de susciter interrogations, controverses et récupérations politiques, sans qu'une vérité judiciaire consensuelle et définitive n'ait pu clore le débat.
Lambert Mwamba