Le gouvernement provincial du Haut-Katanga a donné une semaine aux vendeurs du marché Mzée Laurent-Désiré Kabila pour évacuer le site. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion de haut niveau tenue au gouvernorat, en présence du maire de Lubumbashi, du ministre provincial de l’Intérieur, des responsables des services de sécurité, de l’équipe dirigeante du marché et des représentants des commerçants.
L’objectif principal de cette rencontre était d’informer officiellement les occupants du lancement du projet de construction d’un marché moderne sur cet emplacement stratégique du centre-ville de Lubumbashi. Le site Mzée Laurent-Désiré Kabila, considéré comme l’un des pôles commerciaux les plus fréquentés de la ville, doit laisser place à une infrastructure aux normes actuelles.
Selon les autorités provinciales, ce projet s’inscrit dans la vision de réhabilitation et d’assainissement des principaux marchés de Lubumbashi. L’idée est de doter la ville d’un espace commercial sécurisé, mieux structuré et plus adapté aux besoins d’une population en croissance.
Les vendeurs présents ont reçu des notifications écrites confirmant l’instruction de libération. Le délai accordé est de sept jours à compter de la date de la réunion.
À ce stade, aucune décision officielle n’a encore été communiquée concernant le site qui accueillera provisoirement les commerçants. Cette zone d’ombre alimente l’inquiétude sur le terrain, alors que des milliers de vendeurs tirent leurs revenus quotidiens de ce marché.
Conscient de l’urgence sociale, le gouvernement provincial a prévu un cadre de concertation pour traiter ce volet. Une réunion de travail est programmée ce vendredi à l’hôtel de ville. Elle réunira le maire intérimaire, Joyce Tunda, et l’équipe dirigeante du marché Mzée Laurent-Désiré Kabila.
Deux points seront au cœur des discussions. Le premier porte sur l’identification d’un ou de plusieurs sites de relocalisation capables d’absorber le flux de commerçants dans un délai très court. Le second concerne les mesures d’accompagnement. Il s’agira de définir les appuis logistiques, administratifs et éventuellement financiers qui permettront aux vendeurs d’effectuer leur départ sans rupture brutale de leurs activités.
Situé en plein centre-ville, le marché Mzée Laurent-Désiré Kabila draine chaque jour des commerçants venus de différentes communes de Lubumbashi et des territoires voisins. Il abrite des étals de produits vivriers, d’habits, d’articles de ménage et de divers services informels. Sa position en fait un carrefour économique majeur, mais aussi un point de forte congestion.
Le projet de marché moderne vise à corriger plusieurs dysfonctionnements relevés depuis des années : manque d’assainissement, étroitesse des allées, risques d’incendie, absence de parkings et d’espaces de stockage. Les autorités promettent une infrastructure avec des modules de vente, des aires de chargement, des installations sanitaires et un système de gestion plus rigoureux.
Du côté des représentants des vendeurs, la modernisation est globalement comprise, mais la précipitation du calendrier suscite des interrogations. La principale crainte porte sur la continuité des activités pendant la période de transition. Beaucoup demandent des garanties sur l’attribution prioritaire des emplacements dans le futur marché et sur la transparence du processus.
L’équipe dirigeante du marché a indiqué lors de la réunion qu’elle allait relayer l’information à l’ensemble des locataires et veiller au respect du délai, tout en plaidant pour un accompagnement concret.
D’ici vendredi, les services techniques de la mairie et les responsables du marché doivent proposer des options de sites. Les critères évoqués sont la capacité d’accueil, l’accessibilité, la sécurité et la proximité avec la clientèle actuelle.
Après cette réunion, un communiqué conjoint est attendu pour préciser le site de relocalisation temporaire et les modalités pratiques de déménagement. Les services de sécurité, également associés à la réunion du gouvernorat, auront pour mission de veiller au bon déroulement de l’évacuation et d’éviter toute occupation anarchique du chantier.
Le gouvernement provincial insiste sur le caractère irréversible du projet. Pour lui, la construction du marché moderne répond à une nécessité d’aménagement urbain et de formalisation du commerce. Pour les vendeurs, l’enjeu est de réussir la transition sans perdre leur fonds de commerce.
Dans une ville comme Lubumbashi où le secteur informel occupe une place centrale, les sept prochains jours seront déterminants. Ils permettront de voir si l’ambition de moderniser peut se concilier avec la réalité économique de ceux qui font vivre le marché au quotidien.
Lambert Mwamba