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Gouvernance locale : La COPAP-RDC veut rapprocher l’État du citoyen
By GéantRadio
Published on 07/07/2026 15:43
POLITIQUE

La capitale de la République démocratique du Congo est devenue ce lundi le centre névralgique du débat sur la gouvernance territoriale. L’ouverture officielle de la 3ᵉ édition de la Conférence des Présidents des Assemblèses Provinciales de la RDC, COPAP-RDC, a rassemblé à Kinshasa l’ensemble des présidents des organes délibérants des 26 provinces du pays.

Pendant plusieurs jours, les participants vont se pencher sur les grands défis qui traversent les institutions provinciales : efficacité de l’action publique, contrôle de l’exécutif provincial, financement de la décentralisation et harmonisation des pratiques législatives.

Placée sous le thème "Dialogue, concertation et renforcement de la décentralisation", cette conférence se veut un espace de convergence. L’objectif affiché est clair : créer une dynamique commune entre les assemblées provinciales afin de parler d’une seule voix sur les réformes institutionnelles.

Dans son allocution d’ouverture, le Président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa s’est félicité du choix porté sur la capitale. Il a qualifié ces assises de moment décisif pour l’avenir de la gouvernance de proximité en RDC. Selon lui, la force des provinces dépend directement de la capacité des élus locaux à travailler ensemble, au-delà des clivages politiques et géographiques.

La solennité de l’événement a été rehaussée par la participation de plusieurs personnalités de premier plan. On note notamment la présence du Président du Sénat, du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, ainsi que du Gouverneur de la ville de Kinshasa.

Cette mobilisation au plus haut niveau traduit la volonté du pouvoir central d’accompagner les provinces dans la mise en œuvre effective de la décentralisation, telle que prévue par la Constitution. Elle envoie aussi un signal fort : les provinces ne sont pas des annexes administratives, mais des leviers essentiels du développement national.

Durant les travaux, plusieurs thématiques prioritaires seront abordées en plénière et en commissions. 

Les présidents vont évaluer les outils dont disposent les bureaux pour assurer un contrôle plus rigoureux des gouvernements provinciaux. Il s’agit de renforcer les mécanismes de reddition des comptes et de lutte contre les dérives dans la gestion des ressources publiques.  

D’une province à l’autre, les règlements intérieurs, les procédures budgétaires et les pratiques de collaboration avec l’exécutif diffèrent. La COPAP-RDC ambitionne de proposer un canevas commun pour gagner en cohérence et en efficacité.  

Éducation, santé, infrastructures, agriculture : les assemblées provinciales jouent un rôle clé dans l’adoption et le suivi des politiques sectorielles. Les échanges porteront sur la manière de mieux aligner les priorités provinciales avec le Plan National de Développement.  

Question récurrente, la rétrocession et la mobilisation des ressources propres seront au centre des discussions. Sans moyens suffisants et prévisibles, les provinces peinent à remplir leurs missions.

Au terme des travaux, les présidents des assemblées provinciales entendent adopter une série de recommandations. Celles-ci viseront à consolider l’unité nationale, à améliorer la gouvernance à la base et à assurer un développement plus équilibré sur l’ensemble du territoire.

L’idée n’est pas de multiplier les déclarations d’intention, mais de produire une feuille de route opérationnelle. Parmi les pistes évoquées : la création d’un secrétariat permanent de la COPAP-RDC, l’organisation de sessions de renforcement des capacités pour les élus, et l’institutionnalisation d’un cadre permanent de concertation avec le gouvernement central.

Créée il y a quelques années, la Conférence des Présidents des Assemblées Provinciales s’impose progressivement comme le cadre privilégié de réflexion entre institutions provinciales. Dans un contexte marqué par les attentes des populations et par la nécessité de rapprocher l’administration du citoyen, cette plateforme prend tout son sens.

La décentralisation ne peut pas se décréter. Elle se construit par le dialogue, la formation et la volonté politique partagée. C’est précisément ce que la COPAP-RDC tente d’incarner à Kinshasa cette semaine.

En accueillant cette 3ᵉ édition, Kinshasa réaffirme son rôle de carrefour institutionnel et de moteur de la réflexion sur l’avenir des provinces. Le défi maintenant sera de transformer les conclusions de la conférence en actes concrets, pour que chaque province, de l’Ituri au Kongo-Central, en ressente les effets sur le terrain.

Yves Sayo 

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