À 19h02, l’arbitre lance les hostilités à Houston pour ce premier match du groupe K de la Coupe du monde 2026 entre le Portugal et la République Démocratique du Congo. Alignés en 5-3-2, les Léopards affichent d’entrée leurs intentions : bloc bas, compacité et jeu en transition. L’idée est claire : contenir les offensives portugaises tout en s’appuyant sur la percussion de Yoane Wissa et l’expérience de Cédric Bakambu pour faire mal en contre.
Face à eux, le Portugal, emmené par Cristiano Ronaldo, prend immédiatement le contrôle du ballon. La maîtrise technique lusitanienne s’impose dès les premières minutes. Score : 0-0.
Dès la 3e minute, le scénario attendu se confirme. Le Portugal monopolise la possession tandis que la RDC reste regroupée devant sa surface. Samuel Moutoussamy subit plusieurs duels rugueux. La consigne est simple : fermer tous les espaces.
À la 4e minute, première alerte. Sur une récupération haute, Chancel Mbemba doit s’employer pour dégager et éviter l’ouverture du score. Mais le sursaut n’arrive pas à temps : à la 5e minute, João Neves conclut la domination territoriale portugaise d’une frappe précise. 1-0 pour la Seleção. Les Léopards sont punis sur la première vraie situation.
La réaction congolaise ne tarde pas. À la 7e minute, la RDC parvient à franchir le milieu de terrain pour la première fois. L’action est bien négociée par la défense portugaise, mais elle installe un premier rapport de force. À la 10e minute, Yoane Wissa répond par la première frappe congolaise, non cadrée mais qui passe près. Un signal envoyé.
Le match se durcit. Bernardo Silva écope du premier carton jaune à la 12e minute après une faute sur Edo Kayembe. Dans la foulée, Cédric Bakambu se crée un espace grâce à un crochet et obtient un corner à la 13e minute. Malheureusement, le coup de pied arrêté est mal exploité par les Congolais.
À la 20e minute, Aaron Wan-Bissaka se montre solide dans son couloir. Il limite les combinaisons entre Cristiano Ronaldo et Pedro Neto et empêche le Portugal de creuser l’écart. Malgré la possession portugaise, les Léopards restent dans le match.
La 23e minute est marquée par une pause fraîcheur. L’occasion pour Sébastien Desabre de recadrer son groupe. Le Portugal mène 1-0 mais la RDC ne rompt pas. Le bloc reste discipliné, obligeant les Portugais à multiplier les passes latérales sans trouver la faille.
Avant la demi-heure de jeu, Chancel Mbemba multiplie les interventions décisives. À la 27e minute, il coupe une transmission destinée à Ronaldo. Le corner qui suit ne donne rien. La RDC tente de repartir vite à la 28e minute mais manque encore de précision dans la dernière passe.
Entre la 30e et la 33e minute, un constat s’impose : le Portugal domine la possession mais ne se crée que peu d’occasions franches. Une seule frappe cadrée, celle du but de João Neves. De son côté, la RDC reste compacte et profite de chaque ballon pour déclencher. Edo Kayembe envoie même une lourde frappe déviée à la 33e minute, captée par le gardien portugais. Une des plus belles situations congolaises du premier acte.
À la 41e minute, le Portugal varie son jeu en cherchant des ballons dans le dos de la défense. Sans succès face à la vigilance congolaise. Arthur Masuaku obtient une faute qui permet à Lionel Mpasi de relancer.
Le tournant arrive dans le temps additionnel. À la 46e minute, Masuaku centre pour Moutoussamy dont la frappe s’envole. Les Léopards enchaînent avec un corner. Puis, à la 49e minute, sur un coup de pied arrêté parfaitement tiré par Masuaku, Yoane Wissa s’élève au-dessus de tout le monde et place une tête imparable. Égalisation de la RDC. 1-1.
Ce but n’est pas anodin : c’est le tout premier but de l’histoire de la RDC en phase finale de Coupe du monde. Les Léopards rentrent aux vestiaires avec le sourire, récompensés de leur courage et de leur rigueur tactique. Sébastien Desabre le reconnaît à la mi-temps : « On était un peu crispés au début. On marque sur un coup de pied arrêté bien travaillé ».
La reprise à 20h09 confirme la dynamique congolaise. Le Portugal procède à un premier changement avec l’entrée de Francisco Conceição à la place de Bernardo Silva, averti. Mais ce sont les Léopards qui donnent le ton. À la 50e minute, Bakambu déclenche une frappe, signalé hors-jeu. Steve Kapuadi et Chancel Mbemba enchaînent les anticipations et musèlent Ronaldo, très discret.
Le match bascule à la 54e minute : le Portugal croit reprendre l’avantage mais le but est refusé pour hors-jeu. Soulagement côté congolais. Dans la foulée, la RDC passe tout près du 2-1. À la 56e minute, Bakambu bat le gardien mais sa frappe heurte le poteau. Houston retient son souffle.
Sébastien Desabre profite de ce temps fort pour lancer Noah Sadiki à la 57e minute à la place de Ngal’ayel Mukau. La RDC continue de jouer sans complexe.
Après une nouvelle pause fraîcheur à la 68e minute, le Portugal pousse. Ronaldo tente une balle piquée à la 67e minute qui ne trouve pas le cadre. Les changements s’enchaînent : Rafael Leão et Nélson Semedo entrent côté portugais à la 71e minute. Desabre répond avec les entrées de Charles Pickel et Joris Kayembe à la 74e minute pour apporter de la fraîcheur.
Dans le dernier quart d’heure, la RDC souffre mais ne cède pas. Axel Tuanzebe et Kapuadi veillent. Les transitions restent dangereuses : à la 79e minute, Sadiki sert Bakambu dans la profondeur mais le dernier geste manque de précision.
Jusqu’au bout, les Léopards affichent une solidarité totale. Chaque joueur se sacrifie pour son partenaire. Joris Kayembe remporte un duel important face à Conceição à la 82e minute. Le Portugal, pourtant favori du tournoi, est tenu en échec.
À la 84e minute, Desabre réorganise encore son équipe pour tenir ce score de parité.
Finalement, le Portugal 1-1 RDC restera comme un résultat historique. Dominés en possession, les Léopards ont répondu par une organisation collective irréprochable, un Chancel Mbemba impérial et une efficacité sur coup de pied arrêté. Yoane Wissa entre dans la légende, et toute une nation retient son souffle : la RDC a montré qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleurs.
Prochain défi pour les hommes de Sébastien Desabre : confirmer cette performance et croire jusqu’au bout à une qualification pour les huitièmes de finale.
Etienne Kankwende