Une déclaration sans équivoque vient de secouer le football lualabais. Dans une prise de parole commune, lourde de sens, les cinq clubs du Lualaba engagés en Ligue 2 ont publiquement dénoncé ce qu’ils qualifient d’abandon total de la part des autorités provinciales depuis l’entame de la saison sportive en cours.
La vidéo, devenue virale, ne souffre d’aucune ambiguïté. D’une seule voix, les dirigeants de ces formations ont exprimé leur ras-le-bol face à un traitement qu’ils jugent discriminatoire et méprisant. Leur constat est amer : aucun accompagnement, ni financier, ni logistique, ni même symbolique, ne leur a été accordé par le Gouvernement provincial depuis le coup d’envoi du championnat.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte particulièrement révélateur. D’un côté, les clubs du Lualaba évoluant en Ligue 1 Illicocash bénéficient d’un appui concret du Gouvernement provincial. De l’autre, les équipes ayant pris part au dernier championnat provincial ont reçu un soutien financier de la Mairie de Kolwezi. Seuls les représentants de la province en Ligue 2 affirment être laissés pour compte, sans la moindre considération des instances dirigeantes.
Face à cette disparité flagrante, les présidents de clubs posent une question qui dérange : l’accompagnement des autorités est-il réservé aux formations proches des cercles du pouvoir ou dirigées par des personnalités politiques ? Pour ces acteurs du football, le message envoyé par les décideurs est clair et décourageant pour le développement du sport dans la province.
Ce cri d’alarme dépasse le simple cadre financier. Il met en exergue un malaise profond qui mine la gestion du football au Lualaba et, plus largement, dans l’espace lushois. Les clubs de Ligue 2 estiment porter seuls le poids des charges liées aux déplacements, à l’hébergement, aux primes et à l’organisation des matchs, dans un championnat national exigeant.
Ils rappellent qu’ils défendent pourtant les couleurs de toute une province sur l’échiquier national. En les ignorant, les autorités provinciales fragilisent non seulement leurs projets sportifs, mais aussi la visibilité et le rayonnement du Lualaba à travers le football.
À travers cette dénonciation collective, les cinq clubs espèrent provoquer une prise de conscience et une réaction rapide des décideurs. Ils réclament une politique sportive équitable, où chaque division et chaque club représentant la province bénéficie du même égard, indépendamment des affinités politiques de ses dirigeants.
Etienne Kankwende/ Fabrice Kabinga