La fin des play-offs du championnat national de la LINAFOOT prend une tournure inédite. Après la vague de récusations initiée par le TP Mazembe, qui avait écarté 15 arbitres pour le reste de la compétition, le FC Les Aigles du Congo a frappé un nouveau coup ce lundi 8 juin 2026. Le club kinois, actuel leader du classement, a officiellement déposé auprès de la LINAFOOT une liste noire de 10 arbitres d’élite qu’il refuse de voir officier sur ses rencontres.
Cette décision porte à 25 le nombre total d’officiels contestés par les deux prétendants au titre à quelques journées de la fin des play-offs 2025-2026. Du jamais vu dans l’histoire récente du football congolais.
Dans un courrier adressé à la Commission de gestion de la LINAFOOT, Les Aigles du Congo ont communiqué l’identité des 10 arbitres récusés pour l’ensemble de leurs prochains matchs :
1. Pierre Kibingo (LIFMAN)
2. Martin Mukala (LIFKOR)
3. Gustave Tshiniongolo (LIFKOR)
4. Jean-Pierre Kabangu (LIFKOR), déjà récusé par l’AS V.Club récemment
5. Taylor Bambisa (LIFPO)
6. Ali Kupa (LIFKOR)
7. Léon Kikumbi (LIFNOKI)
8. François Mbuyi (LIFKOC)
9. Ramazani Kidiana (LIFKAT)
10. Pedro Munganga (LIFEQUA)
Le club kinois justifie cette mesure radicale par des « informations béton » en sa possession. Selon Les Aigles, ce groupe d’officiels entretiendrait une proximité avérée avec un concurrent direct au titre et aurait « reçu pour mission de fausser les résultats » lors des prochains déplacements du club dans le Katanga.
Au-delà de la question arbitrale, Les Aigles du Congo alertent sur un contexte sécuritaire jugé explosif. Le calendrier impose au leader trois déplacements consécutifs à Lubumbashi en l’espace de 10 jours :
- 11 juin : TP Mazembe vs Les Aigles du Congo
- 17 juin : AS Maniema Union vs Les Aigles du Congo
- 20 juin : CS Don Bosco vs Les Aigles du Congo
La direction du club dénonce des menaces directes de violences physiques qui viseraient son président ainsi que l’ensemble de sa délégation. Face à cette situation, Les Aigles exigent deux mesures fortes : l’organisation de ces rencontres à huis clos total et strict, et la mise en place d’un dispositif sécuritaire renforcé aux entrées et sorties du Stade TP Mazembe.
Avec 25 arbitres officiellement contestés par Mazembe et Les Aigles, la défiance atteint un niveau critique. Cette multiplication des listes noires intervient alors que l’AS V.Club avait déjà écarté Jean-Pierre Kabangu il y a quelques semaines.
Le phénomène traduit une crise de confiance profonde. Chaque décision, chaque désignation est désormais perçue comme un enjeu stratégique par les états-majors. Dans les couloirs de la FECOFA, plusieurs observateurs évoquent un championnat « sous tension permanente », où la pression psychologique a largement débordé du rectangle vert.
Le règlement autorise un club à récuser un arbitre sur la base de motifs étayés. Mais l’accumulation de 25 noms en quelques semaines pose la question de la gouvernance. Si chaque club prétendant au titre se met à écarter les officiels qu’il juge hostiles, la LINAFOOT risque de se retrouver à court de solutions pour finir les play-offs.
Sur le terrain, la bataille pour le sacre reste indécise. En coulisses, elle a déjà pris une autre dimension. La légitimité du futur champion 2026 dépendra autant des performances que de la capacité des instances à imposer des garanties d’équité et de sécurité.
À trois journées de la fin, le football congolais joue plus que des points. Il joue sa crédibilité. La LINAFOOT a 10 jours pour prouver qu’elle arbitre encore le jeu, et qu’elle ne le subit pas.
Etienne Kankwende/ Rédaction