Le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, a marqué les esprits ce samedi 6 juin 2026. Sur la Place de la Poste à Lubumbashi, il a présenté publiquement un important lot d’engins de génie civil acquis intégralement sur fonds propres de la province.
Cette démonstration de force intervient dans un climat politique où l’opinion publique réclame des résultats concrets plutôt que des annonces. Loin des discours habituels, l’exécutif provincial a choisi de montrer ses réalisations.
Devant une foule compacte composée d’autorités locales, d’acteurs de la société civile et de nombreux habitants, plusieurs engins ont été exposés puis mis en marche. Le cortège comprenait des compacteurs, des bulldozers, des niveleuses, des tractopelles, des engins élévateurs, des camions poids lourds ainsi que des véhicules utilitaires.
La mise en scène visait un objectif clair. Il s’agissait de prouver que la province passe désormais des intentions aux actions sur le terrain. Chaque machine présentée symbolise un engagement à reconstruire et à moderniser les infrastructures de base.
Par cette initiative, Martin Kazembe Shula répond directement aux critiques persistantes concernant la lenteur des chantiers publics. Le message adressé aux citoyens est sans ambiguïté. Le Haut-Katanga entend s’appuyer sur ses propres ressources pour impulser son développement.
L’autorité provinciale a annoncé le déploiement immédiat de ces équipements. Dès ce lundi 8 juin 2026, les engins seront acheminés vers plusieurs villes et territoires de la province. La priorité sera accordée aux routes de desserte agricole.
Ces axes sont stratégiques pour désenclaver les zones rurales et faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les centres urbains. Les voiries urbaines, souvent dans un état de dégradation avancé, figurent également parmi les cibles prioritaires de ce programme.
L’ensemble de l’opération a été financé à 100% par les ressources propres du gouvernement provincial. Aucun recours à l’endettement extérieur ni aux subventions du pouvoir central n’a été nécessaire pour cette acquisition.
Ce choix de gestion relance inévitablement le débat national sur l’utilisation des finances publiques. Il interroge la capacité d’autres provinces à mobiliser leurs recettes internes pour des investissements structurants.
En procédant ainsi, le Haut-Katanga établit un nouveau standard de gouvernance. La démarche met la pression sur les autres entités territoriales encore à la traîne dans la matérialisation de leurs promesses d’infrastructures.
Pour de nombreux observateurs, l’acte posé par Martin Kazembe Shula dépasse la simple communication politique. Il s’agit d’une prise de risque calculée visant à instaurer une culture du résultat.
Cette approche par l’action visible expose également les retards accumulés ailleurs. Elle pourrait créer un effet d’entraînement auprès des autres dirigeants provinciaux appelés à rendre des comptes à leurs populations.
Les défis restent cependant nombreux sur le terrain. La réussite de ce plan dépendra de la maintenance des engins, de la planification rigoureuse des travaux et de la lutte contre les pratiques qui freinent l’exécution des chantiers.
À travers cette sortie très médiatisée, le gouverneur intérimaire imprime sa marque. Il veut incarner un leadership orienté vers l’efficacité et la transformation concrète du quotidien des habitants du Haut-Katanga.
Lambert Mwamba