Lors d’une intervention publique tenue cette semaine, le Révérend Francis Ngawala a tenu à clarifier la position qu’il estime conforme à l’Évangile : l’Église appartient à Jésus-Christ et, à ce titre, elle ne doit pas devenir un instrument d’orientation politique.
Selon le Révérend Ngawala, il est essentiel de distinguer la mission spirituelle de l’Église de l’engagement partisan de ses responsables. Imposer aux fidèles un choix électoral ou une opinion sur des sujets de société au nom des convictions personnelles du pasteur revient à confondre autorité spirituelle et influence politique.
Il souligne que chaque citoyen, y compris dans le cadre ecclésial, conserve son libre arbitre. Ce principe, explique-t-il, est ancré dans la dignité humaine et dans la responsabilité individuelle devant Dieu. La foi éclaire la conscience, mais elle ne la remplace pas.
Pour le Révérend, le rôle des leaders religieux est d’enseigner les valeurs bibliques, d’appeler à la prière, à la justice et à la paix, tout en laissant à chacun la responsabilité de discerner et de décider. L’Église forme des disciples, pas des électeurs captifs.
Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs communautés religieuses sont interpellées sur leur influence lors des périodes électorales. Le Révérend Ngawala estime qu’une Église qui préserve la liberté de ses membres gagne en crédibilité et en autorité morale.
Il rappelle également que le pluralisme des opinions politiques au sein d’une même assemblée n’est pas un signe de division, mais le reflet d’une Église vivante, composée de citoyens engagés dans des sphères différentes de la société.
Le droit au choix, insiste-t-il, ne signifie pas indifférence. Les chrétiens sont appelés à s’informer, à participer à la vie publique et à défendre le bien commun. Cependant, cette participation doit rester le fruit d’une conviction personnelle, nourrie par la foi, et non d’une consigne venue du pupitre.
En conclusion, le Révérend Francis Ngawala appelle les responsables d’églises à une forme d’humilité : reconnaître que l’autorité pastorale s’arrête là où commence la conscience individuelle. Préserver cet espace de liberté, dit-il, c’est honorer Christ comme unique Chef de l’Église et respecter la maturité spirituelle des fidèles.
Cette déclaration devrait alimenter les discussions au sein des communautés chrétiennes sur la place de l’Église dans le débat public. Elle pose une question centrale : comment accompagner les croyants sans décider à leur place ? Pour le Révérend Ngawala, la réponse tient en un mot : la liberté.
Yves Sayo