Le climat politique s’alourdit autour de Constant Mutamba. Plusieurs figures influentes de son propre parti politique ont publiquement pris leurs distances ces dernières heures.
La fronde interne s’est cristallisée autour d’une accusation majeure : la trahison des valeurs fondatrices du mouvement. Les cadres dissidents reprochent à leur leader d’avoir renié les engagements pris devant les militants et la base électorale.
Selon les dirigeants qui se désolidarisent, Constant Mutamba aurait opéré un revirement idéologique inexpliqué. « Les principes que nous défendions ensemble depuis la création du parti ne sont plus respectés. Nous assistons à un glissement inquiétant », confie un député national membre du bureau politique, sous couvert d’anonymat.
Les griefs portent principalement sur les récentes prises de position de Mutamba, jugées incompatibles avec la charte du parti. Les frondeurs évoquent des discours et des alliances qui tranchent avec la ligne souverainiste et réformatrice historiquement portée par leur formation.
Au cœur de la polémique figure le nom de l’ancien président Joseph Kabila. Pour les cadres contestataires, l’influence de l’ex-chef de l’État sur Constant Mutamba ne fait plus de doute.
« Nous constatons des convergences de vues troublantes. Des éléments objectifs nous laissent penser que notre président est désormais conseillé, voire influencé, par l’entourage de Joseph Kabila », affirme un haut responsable du parti joint par notre rédaction.
Cette supposée proximité avec Kabila est perçue comme une rupture stratégique majeure. Le parti de Mutamba s’était jusqu’ici construit en opposition frontale à l’ancien régime, prônant une rupture totale avec les pratiques de gouvernance passées.
La déclaration de désolidarisation, d’abord portée par trois membres du comité directeur, a rapidement gagné d’autres cadres provinciaux. Au moins cinq fédérations ont publié des communiqués allant dans le même sens depuis hier soir.
Cette vague de défiance fragilise considérablement l’autorité de Constant Mutamba. Des sources internes évoquent déjà des réunions d’urgence pour éviter une scission. Certains militants appellent à la convocation d’un congrès extraordinaire afin de « clarifier la ligne et redonner la parole à la base ».
Sollicité à plusieurs reprises, l’entourage de Constant Mutamba n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Un proche du leader a toutefois indiqué que « le président s’exprimera en temps voulu et ne cédera pas aux manœuvres de déstabilisation ».
Cette crise interne intervient dans un contexte préélectoral tendu. L’implosion du parti pourrait rebattre les cartes des alliances à venir et affaiblir le poids de Constant Mutamba sur l’échiquier national.
Yves Sayo