Le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, Augustin Kabuya, a haussé le ton. Dans une prise de parole très suivie au sein de la base, il a exprimé publiquement son mécontentement face aux dérives observées chez certains jeunes se réclamant de la Force du Progrès, le mouvement de jeunesse du parti présidentiel.
La sortie d’Augustin Kabuya intervient dans un contexte où l’image du parti est régulièrement écornée par les comportements de militants zélés. Le numéro deux de l’UDPS a dénoncé des agissements jugés incompatibles avec l’idéologie et la discipline prônées par Étienne Tshisekedi.
Pour le secrétaire général, aucun militant ne peut se prévaloir d’un mandat pour poser des actes qui ternissent la réputation de l’UDPS. Il a rappelé que la Force du Progrès a été créée pour encadrer la jeunesse, défendre les idéaux du parti et soutenir l’action du chef de l’État, non pour semer le désordre.
Le point le plus marquant de son intervention concerne un certain « Moselu ». Selon Augustin Kabuya, ce dernier se serait autoproclamé « président national » de la Force du Progrès, sans aval de la hiérarchie du parti.
Le secrétaire général a été clair : cette désignation n’a aucune valeur statutaire. Il a interpellé directement l’intéressé et l’a mis en garde contre toute usurpation de titre. Pour lui, seul le bureau national reconnu par la direction du parti est habilité à parler au nom de la jeunesse de l’UDPS.
« L’UDPS est un parti structuré, avec des règles. On ne devient pas responsable par effraction ou par autoproclamation sur les réseaux sociaux », a-t-il martelé.
Au-delà du cas « Moselu », Augustin Kabuya a profité de l’occasion pour rappeler les principes de fonctionnement du parti. Il a demandé aux jeunes de la Force du Progrès de faire preuve de loyauté, de discipline et de respect envers les instances dirigeantes.
Le message est aussi adressé aux fédérations provinciales : elles doivent veiller à l’encadrement de leurs militants et signaler toute dérive. Le secrétaire général insiste sur la nécessité de revenir à l’orthodoxie tshisekediste, faite de lutte non-violente et de respect des institutions.
Cette mise au point intervient alors que plusieurs voix au sein de l’UDPS réclamaient un recadrage. Les comportements de certains jeunes, parfois assimilés à du banditisme politique, alimentent les critiques de l’opposition et fragilisent l’image du parti au pouvoir.
En prenant la parole, Augustin Kabuya cherche donc à rassurer l’opinion et à redonner de la crédibilité à la Force du Progrès. L’objectif affiché : que ce mouvement redevienne une école de formation politique et non un instrument d’intimidation.
Avec cette déclaration, la direction de l’UDPS envoie un signal fort. Elle entend reprendre le contrôle sur ses structures parallèles et éviter toute récupération. Le cas « Moselu » devient ainsi un test : le parti montrera-t-il sa capacité à sanctionner et à imposer sa discipline ?
Pour l’heure, Augustin Kabuya a planté le décor.
Yves Sayo