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Coopération Kinshasa-Paris relancée : Diplomatie parlementaire ou simple photo de famille à l’Hôtel de Lassay ?
By GéantRadio
Published on 29/05/2026 07:04
POLITIQUE

Jeudi 28 mai 2026, l’Hôtel de Lassay, siège historique de l’Assemblée nationale française, a servi de cadre à une rencontre diplomatique de haut niveau. Le Président de l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo, l’Honorable Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, y a été accueilli par son homologue française, Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale. Cette visite officielle s’inscrit dans une volonté clairement affichée de donner un nouvel élan aux relations parlementaires entre la RDC et la France.

L’accueil à l’Hôtel de Lassay n’a rien de fortuit. Ce lieu symbolise la continuité institutionnelle de la République française. Le choix du cadre illustre l’importance accordée par Paris à cette visite. Pour Kinshasa comme pour Paris, l’objectif est de consolider un partenariat déjà ancien, mais de l’adapter aux enjeux du XXIe siècle.

Les deux Présidentes d’Assemblée ont ouvert leurs échanges en rappelant les liens historiques, culturels et linguistiques qui unissent les peuples congolais et français. Au-delà du symbole, la rencontre visait à traduire cette proximité en actions concrètes, notamment au niveau parlementaire.

Au cœur de la séance de travail bilatérale, la question du renforcement de la coopération interparlementaire a occupé une place centrale. Kinshasa et Paris ont évoqué plusieurs pistes pour structurer davantage leurs échanges. Il s’agit notamment de programmes de formation pour les administrations parlementaires, de partage de bonnes pratiques en matière de contrôle de l’action gouvernementale, et d’harmonisation des procédures législatives sur des thématiques communes.

L’idée est simple : des assemblées plus fortes, mieux outillées, peuvent produire des lois plus adaptées aux réalités de leurs citoyens. Les deux institutions ont donc convenu d’intensifier les visites de délégations, les ateliers techniques et les missions d’observation croisées.

La situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo a naturellement dominé une partie des discussions. L’Honorable Aimé Boji Sangara a dressé un état des lieux précis de la région. Il a insisté sur la menace persistante des Forces Démocratiques Alliées, les ADF, dont les exactions continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et une crise humanitaire profonde.

Face à ce constat, les deux responsables ont examiné les moyens par lesquels les parlements peuvent soutenir l’action diplomatique et humanitaire. La mobilisation de la communauté internationale, le soutien aux populations déplacées et la recherche de solutions durables ont été au centre des échanges. La Présidente Braun-Pivet a réaffirmé la solidarité de la représentation nationale française avec les victimes des violences dans le Nord-Kivu et l’Ituri.

Autre dossier stratégique abordé : la candidature de Madame Juliana Lumumba à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Pour la RDC, cette candidature représente une opportunité de porter plus haut la voix de l’Afrique centrale au sein de l’espace francophone. La délégation congolaise a présenté les axes de son projet, tandis que la partie française a pris note des arguments développés.

Les Accords de Washington ont également été évoqués. Signés pour favoriser le retour de la paix dans la région des Grands Lacs, ces accords offrent un cadre de dialogue jugé essentiel par les deux parties. L’Honorable Boji Sangara a salué les perspectives qu’ils ouvrent pour la stabilisation régionale. Il a réaffirmé l’engagement ferme de la RDC en faveur du dialogue entre les peuples, du règlement pacifique des différends et du respect des engagements internationaux.

À l’issue de la rencontre, le Président de l’Assemblée nationale congolaise a tenu à réitérer la position de Kinshasa. La RDC reste attachée à la paix, à la diplomatie parlementaire et au renforcement de la coopération multilatérale. Il a souligné que les parlements ont un rôle unique à jouer : porter la voix des citoyens, contrôler l’exécutif et construire des ponts entre les nations.

De son côté, Yaël Braun-Pivet a salué la qualité des relations entre les peuples congolais et français. Elle a exprimé la volonté de l’Assemblée nationale française de voir ces échanges s’intensifier. L’objectif est clair : mettre la diplomatie parlementaire au service des intérêts des deux nations et contribuer à la stabilité de l’Afrique centrale.

La séance ne s’est pas limitée aux deux Présidentes. Plusieurs députés et sénateurs français ont pris part aux discussions, aux côtés de leurs homologues congolais présents pour l’occasion. Les membres des cabinets respectifs étaient également mobilisés pour préparer le suivi concret des engagements pris.

L’Ambassadeur de la République Démocratique du Congo en France a assisté à l’ensemble des échanges. Sa présence a permis d’assurer la cohérence entre le volet parlementaire et la diplomatie classique, condition essentielle pour transformer les déclarations d’intention en résultats visibles sur le terrain.

Au terme de cette visite, Kinshasa et Paris affichent une ambition commune : faire du dialogue parlementaire un levier concret de paix, de développement et de solidarité entre les deux pays.

Yves Sayo 

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