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Affaire Mulindwa : la liberté religieuse va-t-elle buter sur la régulation des médias ?
By GéantRadio
Published on 27/05/2026 22:01
POLITIQUE

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication a officiellement convoqué le pasteur Jules Mulindwa, responsable de l’église « Lumière du Monde ». La mesure fait suite à un sermon prononcé devant ses fidèles, au cours duquel il a qualifié des opposants politiques de « sorciers ». L’affaire met de nouveau en lumière la question de la responsabilité des leaders religieux dans l’espace public médiatisé.

Dans une correspondance officielle datée du 25 mai 2026, le CSAC invite le prédicateur à se présenter le jeudi 28 mai 2026 au siège de l’institution. L’objet de cette convocation est clair : permettre à l’intéressé de présenter sa défense et de clarifier publiquement le sens et la portée des propos tenus. 

Le Conseil agit dans le cadre de ses prérogatives de régulation des contenus diffusés, y compris ceux émanant des plateformes religieuses lorsqu’elles bénéficient d’une exposition médiatique. La qualification utilisée par le pasteur lors de son sermon est jugée potentiellement attentatoire à la dignité et à l’honneur de personnes engagées dans la vie politique.

Cette procédure intervient alors que les autorités insistent sur la nécessité de préserver la neutralité et la responsabilité dans les prises de parole publiques. Les discours tenus dans les lieux de culte, lorsqu’ils sont diffusés à la radio, à la télévision ou sur les réseaux sociaux, sont désormais soumis à une attention renforcée.

Le CSAC rappelle régulièrement que la liberté d’expression, garantie par la loi, ne saurait s’affranchir du respect de l’éthique, de la cohésion sociale et des règles déontologiques qui encadrent la communication. Les leaders d’opinion, qu’ils soient politiques, médiatiques ou religieux, sont ainsi appelés à mesurer l’impact de leurs déclarations sur le climat social et politique.

Pour l’église « Lumière du Monde », cette convocation représente un moment sensible. Au-delà du cas individuel du pasteur Mulindwa, c’est la posture des communautés religieuses face aux débats politiques qui est interrogée. L’équilibre est délicat entre le droit de prêcher, d’exprimer une lecture morale des événements, et le devoir d’éviter les attaques personnelles, les stigmatisations ou les discours susceptibles d’inciter à la haine.

Le dossier pose aussi la question de la frontière entre l’espace spirituel et l’espace civique. De nombreux observateurs soulignent que les prédicateurs jouent un rôle d’influence majeur, particulièrement dans un contexte où leur audience suit leurs interventions avec attention et confiance.

Le CSAC dispose désormais de plusieurs options après l’audition prévue le 28 mai. Le Conseil peut prononcer des sanctions si les propos sont jugés contraires à la réglementation en vigueur. Il peut également formuler des recommandations, adresser un avertissement, ou exiger une rectification publique.

Parmi les mesures envisagées figurent généralement la suspension temporaire d’émissions, l’obligation de diffusion d’un droit de réponse, ou encore des injonctions visant à encadrer les futures interventions. La décision finale dépendra de l’analyse juridique des faits, du contexte de diffusion, et des explications fournies par le pasteur.

Au-delà du cas d’espèce, cette convocation adresse un signal à l’ensemble des acteurs qui utilisent les canaux médiatiques et numériques pour s’adresser au public. La régulation ne vise pas à museler la parole religieuse, mais à garantir que son exercice reste compatible avec les exigences de la loi et le respect de l’autre.

Lambert Mwamba 

 

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