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Grands Lacs : Tshisekedi et Ndayishimiye resserrent l’alliance stratégique RDC-Burundi
By GéantRadio
Published on 27/05/2026 07:40
POLITIQUE

En déplacement dans la région des Grands Lacs, le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense de la République Démocratique du Congo, Guy Kabombo Muadiamvita, a marqué une nouvelle étape de sa mission officielle en se rendant à Bujumbura. Cette visite s’inscrit dans la continuité de la diplomatie de terrain initiée par Kinshasa pour stabiliser la zone frontalière et resserrer les liens de coopération avec les pays voisins.

À son arrivée dans la capitale burundaise, le ministre congolais a été reçu avec les honneurs militaires réservés aux délégations officielles. Son homologue burundaise, la ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Marie Chantal Nijimbere, l’a accueilli personnellement, témoignant de l’importance accordée à cette rencontre bilatérale.

Au cœur des discussions : la situation sécuritaire le long de la frontière commune et les défis transfrontaliers liés aux groupes armés, à la circulation illicite et aux enjeux humanitaires. Les deux ministres ont salué la qualité du dialogue politique et militaire entre les deux pays, qu’ils considèrent comme un modèle de coopération régionale.

Un des temps forts de cette rencontre a été la validation, par les experts militaires des deux pays, d’un rapport consolidant les acquis de l’accord signé le 6 mars 2023. Ce document technique réaffirme les engagements pris en matière de partage de renseignements, de coordination opérationnelle et de gestion conjointe des zones sensibles.

Le rapport définit également les mécanismes militaires conjoints devant encadrer les patrouilles coordonnées, les opérations de sécurisation et les procédures de communication entre les états-majors. L’objectif est clair : rendre la réponse opérationnelle plus rapide, plus cohérente et moins sujette aux malentendus sur le terrain.

Pour les deux parties, cette validation marque le passage d’une coopération déclarative à une coopération opérationnelle structurée, avec des indicateurs de suivi et des responsabilités clairement réparties.

Au-delà de l’aspect technique, cette rencontre illustre la volonté politique affirmée par le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son homologue burundais Évariste Ndayishimiye. Les deux chefs d’État ont fait de la stabilité régionale et de la confiance mutuelle des priorités de leur mandat.

Le renforcement de l’amitié stratégique et fraternelle entre Kinshasa et Bujumbura s’inscrit dans une vision plus large de l’intégration régionale au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Les deux capitales entendent montrer qu’une approche bilatérale solide peut produire des effets concrets sur la sécurité des populations frontalières.

À l’issue des échanges, les deux ministres ont convenu de maintenir un rythme régulier de consultations, tant au niveau politique que militaire. Il est prévu d’organiser dans les prochains mois une réunion d’évaluation pour mesurer l’avancée de la mise en œuvre des mécanismes validés.

Les délégations ont également évoqué la possibilité d’étendre la coopération à d’autres domaines connexes : formation des forces armées, lutte contre la criminalité transfrontalière, gestion des mouvements de population et projets de développement dans les zones frontalières. L’idée est de lier sécurité et développement pour traiter les causes profondes de l’instabilité.

Cette tournée du Vice-Premier ministre Guy Kabombo Muadiamvita dans l’Est de la RDC et au Burundi confirme le rôle central de la diplomatie de défense dans la politique étrangère congolaise actuelle. En privilégiant le dialogue direct et la coordination opérationnelle, Kinshasa cherche à désamorcer les tensions, à prévenir les incidents et à bâtir un climat de confiance durable avec Bujumbura.

La réussite de cette approche dépendra désormais de la capacité des deux armées à traduire les engagements du rapport en actions concrètes sur le terrain. Pour les populations de l’Est congolais et du Nord-Ouest burundais, l’enjeu est simple : transformer ces accords en une sécurité tangible au quotidien.

Yves Sayo 

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