Une déclaration du Vice-Gouverneur de la Province du Lualaba, Clément Mufundji, suscite une vive controverse depuis le lundi 18 mai 2026. Les propos tenus par l’autorité provinciale, diffusés en vidéo sur les réseaux sociaux, ont provoqué l’indignation de plusieurs acteurs politiques et associatifs du Lualaba.
Dans cette séquence devenue virale, le Vice-Gouverneur s’en est pris aux Lualabais et aux Katangais qui s’opposent au projet de révision constitutionnelle. M. Mufundji les aurait qualifiés de « chiens », une formulation jugée offensante et stigmatisante par de nombreux observateurs.
Face à cette sortie médiatique, M. Caïman Ilunga, Président du Rassemblement de toutes les tribus du Lualaba, a réagi publiquement. Dans une déclaration adressée à la presse, il a appelé le Vice-Gouverneur à retirer immédiatement ses propos et à présenter des excuses publiques.
« Nous demandons à Monsieur Clément Mufundji de s’excuser auprès des Lualabais en particulier et des Katangais en général. Ces termes ne reflètent ni le respect dû aux citoyens, ni l’éthique attendue d’un responsable public », a-t-il déclaré.
Le Président du Rassemblement estime que de tels propos risquent d’exacerber les tensions communautaires et de fragiliser la cohésion provinciale à un moment où le débat sur la réforme constitutionnelle nécessite un climat apaisé.
Caïman Ilunga ne s’est pas arrêté aux déclarations. Il a adressé un avertissement clair à l’autorité provinciale. À défaut de excuses publiques, il annonce une série de mobilisations visant à obtenir la déchéance du Vice-Gouverneur.
« Monsieur le journaliste, s’il ne demande pas pardon aux Lualabais et aux Katangais, je vais multiplier les marches pour sa déchéance », a-t-il affirmé.
Dans la foulée, une lettre d’indignation a déjà été déposée auprès de l’Assemblée Provinciale du Lualaba. Le document demande au bureau de l’institution de convoquer et d’interpeller M. Mufundji sur le fond de ses déclarations.
Caïman Ilunga a dit placer sa confiance dans l’impartialité du Président de l’Assemblée Provinciale, Jean-Marie Kaseya Tshingambo, pour assurer le suivi de cette démarche. Selon lui, l’institution provinciale a la responsabilité de rappeler à l’ordre ses membres lorsque leurs prises de position portent atteinte à la dignité des citoyens.
La sortie du Vice-Gouverneur intervient dans un contexte de débat national sur une éventuelle révision de la Constitution. M. Clément Mufundji, cadre influent de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, s’est positionné en faveur du changement constitutionnel.
Ses propos visaient directement les opposants à cette initiative au sein de la population lualabaise et katangaise. La référence à l’opposition au « changement de cap » semble indiquer que la polémique s’inscrit dans ce clivage politique actuel.
Pour rappel, Clément Mufundji est un ancien membre du parti politique UNAFEC avant de rejoindre l’UDPS. Son parcours politique lui confère une influence notable dans la province, ce qui explique l’écho immédiat de ses déclarations.
Le Rassemblement de toutes les tribus du Lualaba insiste sur la nécessité de maintenir un débat démocratique respectueux. L’organisation rappelle que la divergence d’opinion sur des questions d’intérêt national ne saurait justifier des attaques personnelles ou des injures publiques.
« Nous croyons à la liberté d’expression, mais elle doit s’exercer dans le respect de l’autre. Un dirigeant a le devoir de rassembler, pas de diviser », a souligné Monsieur Ilunga.
La balle est désormais dans le camp du Vice-Gouverneur et de l’Assemblée Provinciale. Reste à savoir si Monsieur Mufundji reviendra sur ses propos ou si la situation débouchera sur une confrontation politique ouverte dans la province du Lualaba.
Etienne Kankwende