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Kabuya tacle Kabund : du mensonge sur ses origines aux accusations de sabotage et de réunion imaginaire
By GéantRadio
Published on 25/05/2026 20:49
POLITIQUE

Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, est monté au créneau ce week-end pour lancer plusieurs accusations lourdes contre Jean-Marc Kabund-a-Kabund. Au cœur de sa sortie médiatique : une remise en cause de la crédibilité de l’ancien numéro deux du parti présidentiel, à la fois sur son identité et sur ses récentes déclarations politiques.

Augustin Kabuya a affirmé que Jean-Marc Kabund aurait présenté une identité ethnique erronée au moment de sa nomination au poste de secrétaire général de l’UDPS. Selon lui, Kabund se serait déclaré Katangais afin de faciliter son ascension au sein du parti présidentiel, alors que ses origines seraient différentes.

Le secrétaire général actuel va plus loin en évoquant une modification volontaire du patronyme. Il soutient que l’ancien dirigeant aurait abandonné la forme complète « Kabunda-a-Kabunda » pour adopter la version raccourcie « Kabund », dans ce qu’il qualifie de tentative de dissimulation.

« Quand quelqu’un renie même son identité, ses origines, est-ce que vous allez encore vous attendre à quelque chose de crédible qui peut sortir de sa bouche ? », s’est interrogé Augustin Kabuya lors de son intervention.

Ces déclarations interviennent alors que la scène politique congolaise est agitée par des rumeurs concernant une prétendue réunion nocturne qui se serait tenue au domicile de Marthe Tshisekedi. En mettant en cause l’honnêteté de Kabund, Kabuya cherche visiblement à fragiliser ses prises de parole récentes et à discréditer ses accusations à l’encontre de l’entourage présidentiel.

Il est à rappeler que Jean-Marc Kabund a été le dernier secrétaire général de l’UDPS nommé du vivant d’Étienne Tshisekedi, fondateur du parti. Son parcours au sein de la formation présidentielle lui confère encore une certaine audience, ce qui explique la portée des attaques actuelles.

Au-delà des règlements de comptes internes, Augustin Kabuya a profité de cette prise de parole pour réaffirmer la position officielle de l’UDPS sur la question constitutionnelle. Le parti présidentiel entend bien engager un processus de changement de la loi fondamentale.

« Nous allons changer la Constitution. Nous partirons de celle de 1992 afin de l’adapter aux réalités actuelles », a déclaré le secrétaire général.

Cette annonce confirme les signaux envoyés ces dernières semaines par la majorité présidentielle. L’objectif affiché est d’actualiser le texte constitutionnel pour le mettre en cohérence avec les défis politiques, sécuritaires et institutionnels que traverse le pays depuis plusieurs années.

Augustin Kabuya a également adressé une charge directe à la coalition C64, ce regroupement de partis et de personnalités de l’opposition qui s’est constitué pour défendre l’ordre constitutionnel actuel et s’opposer à toute révision. Il a qualifié leur démarche de déconnectée des réalités du pays.

Pour le SG de l’UDPS, le débat ne doit pas rester confisqué par les élites politiques. « La population congolaise sera notre seul arbitre », a-t-il insisté, rappelant que toute modification devra in fine recevoir l’aval du peuple congolais, soit par voie référendaire, soit par ses représentants.

Ces propos s’inscrivent dans un climat de tensions politiques croissantes. La question de la révision constitutionnelle divise profondément la classe politique congolaise et mobilise l’opinion publique, alors que plusieurs voix appellent à la prudence sur un sujet aussi sensible.

Augustin Kabuya n’en est pas resté aux questions d’identité et de politique institutionnelle. Il a également accusé Jean-Marc Kabund d’être impliqué dans un incident impliquant le véhicule de la mère du chef de l’État. Selon lui, l’ancien secrétaire général aurait fait dégonfler les pneus du véhicule, une accusation grave qu’il n’a pas détaillée davantage.

Sur le volet médiatique, Kabuya a fermement démenti la tenue de la réunion dont Kabund a parlé lors de son passage en live sur la chaîne de Stanis Bujakera. Il a qualifié ces affirmations d’invention destinée à alimenter la polémique et à jeter le trouble au sein de la majorité.

Cette séquence marque une nouvelle étape dans la rupture entre l’UDPS et Jean-Marc Kabund. Depuis son départ du parti et ses critiques répétées contre la gestion du pouvoir, l’ancien président a.i de l’UDPS est devenu l’une des cibles privilégiées de la communication de la direction actuelle.

En combinant attaque personnelle et positionnement politique, Augustin Kabuya envoie un message clair. D’une part, il s’agit de délégitimer la parole de Jean-Marc Kabund aux yeux de l’opinion publique en questionnant son honnêteté et son passé au sein du parti. D’autre part, il s’agit de réaffirmer l’agenda politique de l’UDPS, notamment sur la réforme constitutionnelle, malgré l’opposition grandissante.

La stratégie semble viser à reprendre l’initiative dans le débat public, alors que l’opposition tente d’imposer le thème de la défense de la Constitution de 2006 comme ligne rouge à ne pas franchir. En renvoyant la décision finale au peuple, Kabuya tente de placer l’UDPS du côté de la légitimité populaire.

Reste à voir comment Jean-Marc Kabund répondra à ces accusations sur son identité et sur les faits qui lui sont reprochés. La réponse de l’intéressé pourrait relancer un cycle de contre-accusations et maintenir la tension au plus haut dans les semaines à venir.

Pour l’UDPS, l’enjeu est aussi interne. En affichant une ligne ferme face aux anciens cadres du parti devenus critiques, la direction cherche à resserrer les rangs et à envoyer un signal aux cadres et à la base : toute déviation sera sanctionnée sur le plan politique et médiatique.

Yves Sayo 

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