Ads
Le football congolais s’enterre lui-même : huis clos jusqu’à nouvel ordre
By GéantRadio
Published on 24/05/2026 06:35
SPORT

Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu Ntubuanga, a pris une mesure conservatoire forte. Face aux violences survenues lors du match entre l’AS V.Club et le FC Aigles du Congo, il a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre la présence du public à toutes les rencontres du championnat national de football.

Les incidents se sont produits le jeudi 22 mai 2026 au Stade Tata Raphaël, dans le cadre des play-offs du championnat national. Ce qui devait être une fête du football s’est transformé en scène de chaos. Des actes de vandalisme et des débordements ont éclaté dans l’enceinte sportive, causant des dégâts matériels importants et semant la panique parmi les spectateurs et le personnel du stade.

Face à la gravité de la situation, le gouvernement a choisi de réagir rapidement pour éviter toute récidive.  

Dans une correspondance officielle adressée au président du comité exécutif de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), le ministre des Sports a ordonné l’organisation immédiate des rencontres à huis clos. L’objectif est double : prévenir de nouveaux incidents et renforcer les mesures de sécurité autour des compétitions sportives nationales.

Cette décision s’applique à l’ensemble des matchs du championnat national, sans distinction de catégorie ni de division, tant que les conditions de sécurité ne seront pas jugées suffisantes.  

Au-delà de la mesure immédiate, Didier Budimbu a exigé l’ouverture d’une enquête disciplinaire. Cette procédure vise à identifier formellement les clubs et les supporters impliqués dans les violences du 22 mai. Le ministre a insisté sur la nécessité de situer les responsabilités et d’appliquer des sanctions appropriées contre les auteurs des débordements.

Selon ses instructions, la FECOFA devra collaborer étroitement avec les instances disciplinaires pour garantir la transparence et la célérité du processus. 

Le ministre a également instruit les autorités compétentes de procéder à la réparation intégrale des dégâts matériels causés au Stade Tata Raphaël. Un délai de 72 heures a été fixé pour l’exécution de ces travaux. Il s’agit de remettre l’infrastructure en état afin de préserver son intégrité et de permettre la reprise des activités sportives dans de bonnes conditions.  

Sur le plan judiciaire, le dossier a été transmis au Parquet de Kinshasa/Kalamu. Le ministère des Sports demande l’engagement de poursuites contre les auteurs des actes de vandalisme enregistrés lors de la rencontre. L’objectif est de marquer la gravité des faits et de dissuader toute tentative similaire à l’avenir.  

Le ministère des Sports a précisé que la réouverture des stades au public ne se fera qu’après évaluation des résultats de l’enquête en cours. La reprise de l’accès du public dépendra également de la mise en place d’un dispositif sécuritaire jugé fiable et efficace pour encadrer les prochaines rencontres du championnat national.

Parmi les mesures envisagées figurent le renforcement du contrôle à l’entrée des stades, la présence accrue des forces de l’ordre, la responsabilisation des clubs hôtes et la sensibilisation des supporters au fair-play.

Plusieurs observateurs du football congolais estiment que cette décision, bien que contraignante, était nécessaire pour protéger les joueurs, les officiels et les infrastructures sportives. Ils appellent à une prise de conscience collective des clubs, des supporters et des autorités locales afin de restaurer un climat de sécurité dans les stades.  

En fermant temporairement les stades au public, le ministère des Sports envoie un signal clair : la violence n’a pas sa place dans le sport congolais. Cette mesure vise à assainir l’environnement du football national et à restaurer la confiance du public. 

Etienne Kankwende 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online