Ads
Violences au Tata Raphaël : La Linafoot a semé la haine en refusant de changer d’arbitre
By GéantRadio
Published on 22/05/2026 14:03
SPORT

Le football congolais a une nouvelle fois frôlé l’implosion. Les 23 avril 2025 et 21 mai 2026 resteront deux dates noires dans l’histoire des confrontations entre l’AS V.Club et le FC Les Aigles du Congo. Deux matchs, deux interruptions, un seul dénominateur commun : l’arbitre centrale Tabitha Botendra.

Ce qui aurait dû être une simple affiche de la 6ᵉ journée des play-offs du championnat national s’est transformé en un règlement de comptes entre supporters, officiels et instances dirigeantes. Et ce, sous les yeux d’une Ligue nationale de football apparemment impuissante.

Dès l’avant-match, l’administration de l’AS V.Club avait officiellement saisi la Linafoot pour contester la désignation de Madame Botendra. La requête était claire : remplacer l’officielle, dont la gestion des rencontres impliquant V.Club posait déjà problème. Réponse de la Ligue : rejet catégorique.

Erreur d’appréciation ou aveuglement volontaire ? Le rejet de cette demande a servi de détonateur. En choisissant de passer outre les craintes légitimes d’un club, la Linafoot a assumé le risque de voir la situation dégénérer. Elle l’a payé cash.

Le décor était pourtant planté pour une grande soirée. Stade Tata Raphaël rempli à 90 %, ambiance électrique, tension sportive palpable. Dès la première période, les Moscovites frappent fort. Sur une montée orchestrée par Mardochée Bofoya, le défenseur des Aigles Mbiyeye trompe son propre gardien. 0-1. V.Club mène logiquement.

Mais la physionomie change brutalement. Le sifflet de Madame Botendra hache le jeu à chaque accélération verte et noire. Fautes sifflées dans un sens, laisser-jouer dans l’autre. Le plan de Papy Mpoyi pour les Samouraïs prend alors de l’ampleur, non pas par la qualité du jeu, mais par la fragmentation imposée.

Le premier point de rupture intervient dans les arrêts de jeu de la première période. Penalty accordé aux Aigles sur une action sujette à caution. Un cadeau empoisonné que Kikwama Mujinga ne convertit pas, stoppé par un Abraham Mongita impérial contre son ancienne équipe. V.Club rentre aux vestiaires avec un avantage minimal, mais un sentiment d’injustice déjà bien ancré.

La reprise confirme les craintes. À la 70ᵉ minute, Mpiana Mozizi profite d’une sortie hasardeuse de Nathan Ndibu pour inscrire le 0-2. But valable, action propre. Le corps arbitral en décide autrement : hors-jeu signalé, but annulé. Les ralentis et les réactions au stade montrent une décision incompréhensible, qui vole le deuxième buts à V.Club.

Le point de non-retour est atteint à la 80ᵉ minute. Jonathan Ikangalombo, libre de tout marquage, contrôle le ballon de la main avant de l’envoyer au fond des filets. 1-1. L’erreur est grossière, visible, inadmissible à ce niveau. Et pourtant, le but est validé.

Pour les supporters de V.Club, c’est la goutte d’eau. L’envahissement de la pelouse est immédiat. Ce qui suit n’a plus rien à voir avec le football. Journalistes agressés, caméras détruites, installations dégradées. La violence prend le pas sur le sport, et la rencontre est définitivement interrompue.

Ces scènes de chaos ne tombent pas du ciel. Elles sont la conséquence directe d’une succession de décisions contestables et d’un mépris des signaux d’alerte envoyés en amont par l’AS V.Club. Quand l’autorité arbitrale perd sa crédibilité, elle perd aussi le contrôle de la rencontre.

Face à l’ampleur des incidents, la Commission de gestion de la Linafoot suspend immédiatement le résultat du match, en attendant l’analyse des rapports officiels. Mesure de précaution, certes. Mais insuffisante.

Le communiqué qui suit est encore plus révélateur : la commission des arbitres ayant désigné l’équipe arbitrale est elle-même suspendue. Autrement dit, la Ligue admet a posteriori un dysfonctionnement dans le processus de nomination. Pourquoi ne pas l’avoir vu avant ? Pourquoi avoir ignoré la demande de récusation ?

Ce n’est pas la première fois que Tabitha Botendra cristallise les tensions sur cette affiche. La saison dernière, elle avait déjà provoqué l’arrêt du match en validant un but fantôme, alors que le ballon n’avait jamais franchi la ligne. L’épisode avait été classé sans suite. La Linafoot a choisi d’oublier. Les faits lui rappellent aujourd’hui que l’impunité arbitrale coûte cher.

Le football congolais ne peut pas continuer à fonctionner sur ce modèle. Désigner un arbitre contre l’avis d’un club, valider des erreurs manifestes, puis suspendre une commission après coup : c’est l’aveu d’un système réactif, pas préventif.

Si la Linafoot veut restaurer la confiance, elle doit aller au-delà des suspensions symboliques. Transparence sur les désignations, formation continue des arbitres, sanction des erreurs grossières, et prise en compte des demandes motivées des clubs. Sans cela, chaque V.Club – Les Aigles deviendra une poudrière.

Le 21 mai 2026 ne doit pas être une simple ligne dans un rapport disciplinaire. Il doit être le point de départ d’une remise à niveau urgente de l’arbitrage congolais.

Etienne Kankwende/ Rédaction 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online