La dynamique autour de la question constitutionnelle en République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure dans le Haut-Katanga. Vendredi 22 mai 2026, la plateforme des confessions religieuses de la province a officiellement manifesté son soutien à l’initiative de révision ou de changement de la Constitution, en remettant un mémorandum aux autorités provinciales.
La cérémonie s’est tenue dans la salle de banquet du gouvernorat provincial à Lubumbashi. Elle a réuni les responsables des principales confessions religieuses du Haut-Katanga et les membres du gouvernement provincial. 
Au cours de cette rencontre, les leaders religieux ont remis leur document de position au Gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula. Ce mémorandum synthétise leur lecture des enjeux actuels et les raisons pour lesquelles ils estiment qu’une évolution du cadre constitutionnel est souhaitable pour le pays.
L’événement marque la volonté des acteurs religieux de sortir du silence sur les débats institutionnels majeurs. Il s’inscrit dans une tradition d’engagement civique où les confessions religieuses se positionnent comme des forces de médiation et d’accompagnement social.
Dans leur exposé, les représentants des confessions religieuses ont expliqué que leur prise de position vise à accompagner toute initiative de nature à renforcer l’unité nationale. Ils insistent sur le lien entre la stabilité des institutions et la paix sociale, deux conditions qu’ils jugent indispensables au développement de la province et du pays.
Pour eux, la révision ou le changement de la Constitution doit être envisagé comme un levier pour adapter les textes fondamentaux aux réalités du moment. L’objectif affiché est de consolider la cohésion entre les communautés et de prévenir les tensions liées aux blocages institutionnels.
Cette démarche se veut constructive. Les responsables religieux précisent qu’ils entendent jouer un rôle d’accompagnement plutôt que de confrontation, en s’appuyant sur leur ancrage local et leur capacité de mobilisation des populations.
Recevant le mémorandum, le Gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula a salué l’initiative. Il a mis en avant l’importance de l’implication des leaders religieux dans les questions d’intérêt national.
Selon lui, leur voix contribue à éclairer le débat public et à maintenir le cap sur les priorités collectives. Il a également souligné le rôle historique des confessions religieuses dans la consolidation de la cohésion sociale au Haut-Katanga, une province marquée par sa diversité culturelle et économique.
Martin Kazembe Shula, qui assure l’intérim à la tête de la province et se présente comme le lieutenant politique du président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif autour de la réforme constitutionnelle. Il a indiqué que les autorités provinciales prendront en compte les préoccupations exprimées dans le mémorandum et les transmettront au niveau national.
La sortie de la plateforme du Haut-Katanga intervient alors que le débat sur la révision constitutionnelle occupe une place croissante dans l’espace public congolais. L’appui d’acteurs religieux structurés à l’échelle provinciale donne un poids particulier à l’initiative.
Au-delà de la province, ce geste illustre la manière dont les questions institutionnelles mobilisent désormais des acteurs au-delà du champ politique partisan. Les confessions religieuses, de par leur implantation et leur légitimité sociale, apparaissent comme des relais capables de porter le débat au plus près des communautés.
Le mémorandum remis vendredi devrait servir de base à des consultations ultérieures. Les signataires annoncent qu’ils restent disponibles pour accompagner le processus, notamment en matière de sensibilisation et de pacification du climat social autour de cette réforme.
Avec cette prise de position, le Haut-Katanga se positionne parmi les provinces où le soutien à la révision constitutionnelle est exprimé de manière organisée et publique. Il reste à voir comment cette dynamique sera relayée dans les autres provinces et au niveau national.
Pour l’heure, la remise du mémorandum constitue un acte politique et social à la fois. Elle place les leaders religieux au cœur du débat sur l’avenir institutionnel du pays, avec un message centré sur l’unité, la paix et la stabilité des institutions.
Lambert Mwamba