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87e minute : Vita Club craque et transforme Tata Raphaël en champ de bataille
By GéantRadio
Published on 22/05/2026 06:49
SPORT

Le choc des play-offs de la Linafoot entre l’AS Vita Club et le FC Les Aigles du Congo a viré au chaos jeudi soir. La rencontre a été interrompue à la 87e minute alors que le score était de 1-1, suite à un envahissement de terrain et à de violents débordements attribués à une partie des supporters Vclubiens.

Le match, déjà tendu sur la pelouse, a basculé dans le désordre quelques minutes après l’égalisation des Aigles. Les dégâts matériels sont importants, plusieurs personnes ont été blessées, et l’organisation du football congolais se retrouve une nouvelle fois face à ses responsabilités.

Sur le terrain, les Bana Mbongo avaient pourtant bien lancé leur soirée. Dès la 6e minute, Dieu Mbiyeye ouvrait le score pour l’AS Vita Club et donnait l’avantage à son équipe 1-0. Un but qui mettait les Moscovites dans une position favorable pour contrôler la rencontre.

Pendant plus d’une heure, Vita Club gérait son avance face à une équipe des Aigles du Congo accrocheuse mais peu tranchante dans le dernier geste. La physionomie du match changeait à la 80e minute. Sur une erreur de la défense Vclubienne, Jonathan Ikangalombo égalisait d’un sang-froid remarquable. L’attaquant des Aigles inscrivait ainsi un but contre son ancien club. Fidèle à son fair-play, il refusait de célébrer.

À 1-1, tout restait possible à dix minutes du terme. Mais c’est à ce moment que la rencontre a dérapé.

À la 87e minute, alors que les deux équipes se battaient encore pour la victoire, la partie s’arrêtait brutalement. L’arbitre centrale Tabitha Botendra devenait la cible de la colère des tribunes. Plusieurs décisions jugées erronées, notamment dans la gestion des contacts et du temps sur la pelouse, ont mis le feu aux poudres.

Des centaines de supporters ont envahi la pelouse, contraignant les joueurs et le corps arbitral à se réfugier dans les vestiaires sous escorte. Ce qui a suivi relève du vandalisme pur : la pelouse du Stade Tata Raphaël a été saccagée, des poteaux de corner arrachés, l’écran LED du stade vandalisé. Le car de reportage de Cris Production, présent pour la diffusion, a également été endommagé.

Le bilan humain fait état de plusieurs blessés, parmi les supporters et les agents de sécurité intervenus pour tenter de contenir la foule. Les forces de l’ordre ont dû intervenir pour rétablir un semblant d’ordre, dans un climat de panique généralisée aux abords de l’enceinte.

Ce n’est pas la première fois que le Stade Tata Raphaël est le théâtre de tels incidents. Mais l’ampleur des dégâts et le contexte des play-offs donnent à cette soirée une résonance particulière. À ce stade de la compétition, chaque point compte, et l’interruption du match laisse planer une incertitude totale sur la suite à donner à la rencontre.

La Linafoot devra statuer sur le sort du match, entre match à rejouer, victoire sur tapis vert ou sanction sportive. Au-delà du résultat, c’est la sécurité des stades et la gestion des officiels qui sont une nouvelle fois pointées du doigt.

« L’arbitre centrale, Tabitha Botendra, a multiplié les mauvaises décisions et perdu le contrôle du match », déplorent plusieurs observateurs présents sur place. L’absence de sérénité dans l’arbitrage, combinée à une tension extrême en tribunes, a créé les conditions d’une implosion prévisible.

Sur le plan sportif, les deux équipes quittent la pelouse avec un sentiment d’inachevé. Vita Club, qui menait 1-0 et semblait en mesure de l’emporter, voit sa soirée gâchée par les débordements de sa propre base. Les Aigles du Congo, eux, peuvent s’estimer heureux d’une fin de match qui leur offrait l’opportunité de repartir avec un point précieux à l’extérieur.

Le FC Les Aigles du Congo continue néanmoins de confirmer sa bonne dynamique dans ces play-offs, tandis que Vita Club devra gérer la pression et les conséquences disciplinaires qui s’annoncent lourdes.

En attendant la décision de la commission de discipline, une chose est claire : le football congolais ne peut plus se contenter de discours sur la discipline et la sécurité. Sans mesures fortes, les stades continueront d’être des zones à risque plutôt que des lieux de sport.

Yves Sayo/ Etienne Kankwende 

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