Véron Mosengo-Omba est officiellement le nouveau président de la Fédération Congolaise de Football Association. Ce mercredi 20 mai 2026, l’ancien secrétaire général de la Confédération Africaine de Football a été élu à la tête de la FECOFA avec 60 voix sur 65 votants, soit 92,3% des suffrages exprimés. Le scrutin s’est tenu au salon Congo de l’hôtel Pullman Kinshasa Grand Hotel, dans la commune de la Gombe, en présence des délégués des clubs, des ligues provinciales et des entités affiliées.
Cette victoire consacre le retour d’un dirigeant au parcours international à la tête du football congolais. Elle met fin à une longue séquence d’instabilité institutionnelle qui avait conduit la FIFA à placer la FECOFA sous la gestion d’un Comité de normalisation. Le mandat de cette structure provisoire consistait à remettre de l’ordre dans l’administration, réviser les statuts et organiser des élections crédibles pour installer un nouveau comité exécutif.
L’élection de Mosengo-Omba marque donc le passage de relais entre la gestion transitoire et un exécutif élu pour un mandat de quatre ans. Le natif de Yolo succède à une période marquée par des crises de gouvernance, des reports de scrutin et une méfiance persistante entre les acteurs du football local.
Le nouveau président prend les rênes dans un moment paradoxal. D’un côté, l’équipe nationale masculine a redonné de l’élan au pays en décrochant une qualification historique pour la Coupe du monde 2026. Cette performance a ravivé l’enthousiasme populaire et replacé la RDC sur la carte du football mondial.
De l’autre, le football domestique reste confronté à des difficultés structurelles. Le championnat national, la Ligue 1, souffre depuis plusieurs saisons de problèmes d’organisation, de financement précaire et d’infrastructures insuffisantes. Les clubs évoluent souvent dans des conditions logistiques compliquées, avec des calendriers irréguliers et des déplacements coûteux. La formation des jeunes, l’arbitrage et la gestion administrative des ligues provinciales nécessitent également une refonte en profondeur.
C’est sur ce double tableau que Véron Mosengo-Omba devra agir : capitaliser sur la dynamique des Léopards pour mobiliser les partenaires, tout en s’attaquant aux dysfonctionnements de base qui freinent le développement du football à l’intérieur du pays.
Durant sa campagne, le nouveau président a détaillé les axes de sa feuille de route. Il mise sur une approche partenariale impliquant plusieurs niveaux d’acteurs. Le premier pilier repose sur une collaboration renforcée avec les clubs, appelés à jouer un rôle plus actif dans la gouvernance et la commercialisation du produit football.
Le deuxième levier est financier. Mosengo-Omba compte s’appuyer sur les subventions et programmes de développement de la CAF et de la FIFA, dont il connaît parfaitement les mécanismes après plusieurs années passées au sein de l’instance africaine. L’objectif est d’assurer une meilleure absorption de ces fonds et de garantir leur traçabilité.
Le troisième axe concerne l’État congolais. Le président élu a insisté sur la nécessité d’un appui gouvernemental pour la construction et la modernisation des infrastructures sportives. Stades aux normes, centres de formation, pelouses synthétiques : sans investissement public, la professionnalisation du football congolais restera limitée.
« Nous, c’est-à-dire moi et mon comité, allons nous structurer afin de garantir le développement du football congolais », a déclaré Véron Mosengo-Omba dans son discours post-élection. Un message qui insiste sur la rigueur de gestion et la mise en place d’un organigramme clair au sein de la fédération.
L’élection de Mosengo-Omba est aussi lue comme un signal de professionnalisation. Ancien secrétaire général de la CAF, il a piloté des réformes administratives et accompagné la mise en œuvre de projets de développement dans plusieurs associations membres. Sa connaissance des procédures FIFA et CAF devrait faciliter l’accès aux financements et renforcer la crédibilité de la FECOFA auprès des partenaires internationaux.
Cette expertise sera mise à l’épreuve dès les premiers mois. Le nouveau comité exécutif devra rapidement présenter un plan d’action opérationnel, rétablir le dialogue avec les ligues en conflit et définir un calendrier clair pour la reprise des compétitions nationales. La communication institutionnelle et la transparence financière seront également scrutées de près par les clubs et l’opinion publique.
Sur le terrain, les réactions sont prudentes mais ouvertes. Beaucoup d’acteurs espèrent que l’arrivée d’un dirigeant formé à l’école de la CAF permette de rompre avec les pratiques de gestion opaque qui ont marqué les années précédentes. La priorité exprimée par les clubs reste la stabilisation du championnat et le paiement régulier des subventions.
Pour les supporters, l’enjeu est simple : transformer l’euphorie de la qualification au Mondial en un projet durable qui bénéficie à toutes les catégories du football, du niveau amateur aux équipes nationales jeunes.
Véron Mosengo-Omba dispose désormais d’un mandat clair et d’une légitimité électorale forte. Il lui revient de transformer ce capital politique en résultats concrets sur la structuration, la gouvernance et le développement du football congolais. Les 100 premiers jours donneront le ton de son mandat.
Etienne Kankwende