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Steve Mbikayi à la C64 : « Bienvenue dans le camp de la Constitution, maintenant parlons révision »
By GéantRadio
Published on 20/05/2026 13:16
POLITIQUE

Dans une publication diffusée mardi 19 mai 2026 sur son compte X, Steve Mbikayi a pris la parole à la suite du lancement officiel de la « Coalition Article 64 », abrégée C64. Cette nouvelle plateforme de l’opposition a été présentée à Kinshasa lors d’une sortie publique qui a rassemblé plusieurs figures politiques.

L’ancien ministre salue l’initiative et y voit un rapprochement de principe entre une partie de l’opposition et la majorité présidentielle. Pour lui, ce rapprochement se cristallise autour d’un engagement commun : le respect de l’ordre constitutionnel et le refus catégorique de toute accession au pouvoir par la force.

Dans sa tribune intitulée « Carte blanche n°225 », Steve Mbikayi estime que, même si ce réveil intervient tardivement, l’adhésion de certains acteurs de l’opposition à ce principe marque une évolution notable. Il souligne que la stabilité institutionnelle ne peut reposer que sur l’acceptation collective des règles du jeu démocratique.

L’homme politique revient sur le contenu de l’article 64 de la Constitution de la République démocratique du Congo. Il cite en particulier le premier alinéa, qui impose à tout Congolais le devoir de s’opposer à toute personne ou groupe tentant de s’emparer du pouvoir par la force ou de l’exercer en dehors du cadre constitutionnel. 

Selon lui, cette disposition constitue aujourd’hui un socle partagé. Majorité et opposition s’accordent, dit-il, sur la nécessité de défendre la souveraineté populaire et de laisser les mécanismes prévus par la loi trancher les alternances et les différends politiques.

Steve Mbikayi rappelle un principe fondamental de la démocratie représentative : seul le peuple souverain est habilité à conférer le pouvoir et à choisir librement ses dirigeants. Il met en garde contre toute initiative visant à contourner cette légitimité populaire, estimant qu’une telle démarche exposerait ses auteurs aux sanctions prévues par la loi.

Cette mise au point intervient dans un contexte politique tendu, où les débats sur les règles de gouvernance et l’équilibre institutionnel occupent le devant de la scène. Pour l’ancien ministre, la référence constante à la Constitution doit servir de boussole commune afin d’éviter les dérives et les ruptures illégales.

Si l’accord semble établi sur le rejet de la force, un désaccord demeure sur la question de la révision constitutionnelle. Steve Mbikayi note que l’opposition rejette actuellement toute perspective de révision, alors même que la Constitution organise elle-même la procédure à suivre pour la modifier.

Il insiste sur le fait qu’aucune disposition n’interdit au peuple congolais de se prononcer démocratiquement sur un changement constitutionnel, dès lors que les voies légales sont respectées. La procédure de révision est encadrée et fait partie intégrante du texte fondamental. 

Dès lors, l’homme politique considère que la majorité conserve pleinement le droit de soumettre ses propositions au jugement du souverain primaire. Une telle démarche, affirme-t-il, ne constitue pas une violation de la Constitution en vigueur, mais l’exercice normal d’une prérogative prévue par le texte.

En conclusion, Steve Mbikayi appelle à ramener le débat sur le terrain institutionnel. Il plaide pour que les divergences politiques s’expriment dans le respect des procédures prévues par la loi, sans recours à des logiques extra-constitutionnelles.

Sa prise de position intervient alors que la « Coalition Article 64 » entend se positionner comme un acteur structurant de l’opposition. Reste à voir si le dialogue entre les deux camps pourra dépasser le désaccord actuel sur la révision pour consolider un consensus minimal autour des règles démocratiques.

Le débat public semble donc se déplacer vers une confrontation d’interprétations et de propositions, mais à l’intérieur du cadre légal. Pour Steve Mbikayi, c’est précisément là que réside la garantie d’une alternance pacifique et d’une consolidation de l’État de droit en RDC.

Yves Sayo 

 

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