La République Démocratique du Congo et la République de l'Ouganda franchissent une étape décisive dans leur partenariat bilatéral. En marge du sommet de haut niveau tenu ce jour dans la capitale ougandaise, un Mémorandum de Coopération majeur dédié à l’Administration et à la Fonction Publique a été signé, sous les regards de Leurs Excellences Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la RDC, et Monsieur Yoweri Kaguta Museveni, Président de l’Ouganda.
Cet accord stratégique a été paraphé par Son Excellence Monsieur Jean-Pierre Lihau, Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction Publique de la RDC, et son homologue ougandais en charge de l’Administration Publique. Il s’inscrit dans la volonté commune des deux Chefs d’État de moderniser leurs appareils administratifs et d’améliorer la qualité du service public au bénéfice des citoyens.
Le Mémorandum établit un cadre général, structuré et durable de collaboration entre les deux pays. L’objectif affiché est clair : mutualiser les expertises et les bonnes pratiques afin d’apporter des réponses efficaces aux défis multiples auxquels les administrations congolaise et ougandaise font face.
Les axes prioritaires de cette coopération couvrent l’ensemble du cycle de vie de l’agent public et de la gouvernance administrative :
- Formation et renforcement des capacités : Mise en place de programmes conjoints de formation initiale et continue pour les cadres et agents de l’État. Échanges de formateurs entre l’ENA RDC et les instituts ougandais équivalents.
- Innovation et digitalisation : Partage d’expériences sur la dématérialisation des procédures, l’e-gouvernance et les solutions numériques pour simplifier l’accès des usagers aux services publics.
- Gestion des carrières et performance : Harmonisation des outils d’évaluation, de promotion et de mobilité. Mise en commun des mécanismes de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
- Dialogue social : Organisation de rencontres périodiques entre syndicats de la fonction publique des deux pays pour promouvoir un climat social apaisé et productif.
- Sécurité sociale et protection des agents : Échanges sur les régimes de retraite, la couverture santé et les dispositifs de prévoyance pour les fonctionnaires.
- Politique d’égalité de genre et inclusion : Adoption de stratégies communes pour renforcer la représentativité des femmes aux postes de décision et améliorer l’inclusion des Personnes Vivant avec Handicap dans l’administration.
Pour le VPM Jean-Pierre Lihau, « ce Mémorandum n’est pas un simple document. C’est un engagement opérationnel. Nos deux administrations ont beaucoup à apprendre l’une de l’autre. L’Ouganda a développé une expertise reconnue en matière de réforme du service public. La RDC apporte son expérience de gestion d’une administration dans un pays aux dimensions continentales ».
Côté ougandais, on salue une « coopération pragmatique, orientée résultats » qui devrait rapidement se traduire par des missions d’experts, des stages croisés et la création d’un comité technique mixte de suivi. La première réunion de ce comité est prévue à Kinshasa avant la fin du troisième trimestre 2026.
La signature de cet acte intervient dans un contexte de réchauffement diplomatique et de multiplication des projets conjoints entre Kinshasa et Kampala, notamment dans les domaines de la sécurité, des infrastructures et du commerce transfrontalier.
En ciblant l’Administration et la Fonction Publique, les deux États s’attaquent au cœur de la machine étatique. Car une administration performante, intègre et inclusive est la condition première du développement, de la stabilité et de la confiance des citoyens.
Ce Mémorandum servira désormais de document de référence pour tous les échanges techniques à venir. Il ouvre la voie à des accords spécifiques secteur par secteur et témoigne de la volonté de la RDC et de l’Ouganda de bâtir une coopération Sud-Sud exemplaire, fondée sur le partage d’expériences et la co-construction de solutions africaines aux défis africains.
Les deux parties se sont engagées à une évaluation annuelle des progrès réalisés, avec publication d’un rapport conjoint pour garantir la transparence et la redevabilité de cette coopération renforcée.
Yves Sayo