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Rupture ou récupération ? Mosengo Omba veut la FECOFA malgré les soupçons
By GéantRadio
Published on 11/05/2026 14:43
SPORT

C’est dans une salle de conférence tendue que Veron Mosengo Omba a officialisé, ce lundi 11 mai 2026, sa candidature à la présidence de la Fédération Congolaise de Football Association, FECOFA. Face à la presse, le candidat a présenté les grandes lignes de son projet résumé par un triptyque assumé : « REFONDER POUR STRUCTURER, STRUCTURER POUR GAGNER ». Un slogan qui se veut à la fois diagnostic, méthode et ambition.

D’entrée de jeu, Mosengo Omba a justifié sa démarche par un engagement personnel : « Pourquoi maintenant ? Pour servir mon pays. Je suis prêt à être ridicule ». La formule, volontairement frontale, donne le ton d’une campagne où il refuse l’évitement. Loin de se dérober, le candidat embrasse le débat et revendique une trajectoire de retour vers la RDC par la porte du football. 

« Le football, pour moi, a commencé dès mon jeune âge », a-t-il rappelé, inscrivant sa légitimité dans une histoire intime avec le ballon rond. L’objectif affiché est clair : incarner une alternative et proposer un changement de paradigme à la tête de l’instance faîtière.

Au cœur de son argumentaire, Veron Mosengo Omba place l’exemplarité. Il entend faire de sa candidature un signal envoyé à la jeunesse congolaise. « Montrer aux jeunes filles et garçons que si l’on travaille sérieusement, dans le respect du bien commun et avec intégrité, tout est possible », a-t-il insisté devant les caméras. 

Le candidat oppose ainsi le parcours au statut social. « Notre condition de vie professionnelle ne doit pas être la raison d’un échec. Le Congo est un pays de talent », a-t-il lancé. Une manière de répondre aux débats récurrents entre « locaux » et « expatriés » dans la gouvernance du football national, sans nommer ses détracteurs.

Fort de son expérience internationale, Mosengo Omba assume son passage par les hautes sphères du football mondial. « Le haut niveau m’a permis de porter et de promouvoir la RDC dans le secteur du football », a-t-il souligné. Si la FIFA et la CAF ne sont pas citées, la référence à son bilan dans les instances est transparente.

Conscient des interrogations qui entourent son nom, le candidat a choisi d’aborder de front la question judiciaire. « J’ai été blanchi par les instances compétentes et par la justice suisse », a-t-il affirmé, souhaitant clore la polémique avant qu’elle ne parasite sa campagne. 

Par cette déclaration, Veron Mosengo Omba entend recentrer le débat sur son programme et ses propositions. Le message est sans équivoque : les procédures sont terminées, la voie est libre pour briguer la présidence de la FECOFA.

Le candidat ne s’est pas contenté de promesses. Il a livré un état des lieux critique de la discipline en RDC. « Notre football ne manque pas de talents, ni d’histoire, mais de structures. Car sans structures, il n’y a pas de continuité », a-t-il diagnostiqué. 

Pour Mosengo Omba, la refondation passe donc d’abord par la reconstruction institutionnelle. Formation des cadres, organisation des championnats, planification à long terme : la méthode précède les résultats. « REFONDER POUR STRUCTURER, STRUCTURER POUR GAGNER » n’est pas qu’un slogan, mais une séquence logique. Sans fondations solides, les succès sportifs resteront éphémères.

Si le discours se veut conquérant, la scène de ce lundi a révélé des signaux plus ambigus. Autour de Veron Mosengo Omba, plusieurs colistiers affichaient une attitude en retrait : visages fermés, mains devant la bouche, regards fuyants. 

Ce contraste entre la détermination du leader et la réserve apparente de son équipe illustre l’ampleur du défi. Convaincre l’opinion, mais aussi fédérer ses propres troupes autour d’une vision commune. La refondation annoncée devra d’abord s’appliquer en interne avant de prétendre transformer le football national.

« Je suis prêt à être ridicule » : en assumant sa vulnérabilité, Veron Mosengo Omba ouvre une campagne qui s’annonce sous haute tension. Sa candidature intervient dans un climat marqué par des soupçons persistants. 

Modifications présumées des textes électoraux, ingérence supposée du réseau FIFA, et existence d’un « mail à problème » alimentent les débats sur l’équité du scrutin. Autant d’éléments qui placent le candidat dans l’obligation de prouver que sa démarche de rupture n’est pas qu’une opération de communication.

Le programme « REFONDER POUR STRUCTURER, STRUCTURER POUR GAGNER » devra désormais être décliné en mesures concrètes. Clubs, ligues, acteurs du football amateur et supporters attendent des réponses sur la gouvernance, le financement, la formation et la transparence. 

Veron Mosengo Omba promet l’intégrité et la compétence. Il lui reste à démontrer qu’au-delà des mots, il dispose des leviers et des alliances pour imposer sa vision à la FECOFA. La campagne ne fait que commencer, et la route vers l’élection s’annonce étroite.

Etienne Kankwende/ Rédaction 

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