Le président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement, Martin Fayulu, a adressé une mise en garde ferme à Félix Tshisekedi. L’opposant s’est exprimé samedi 25 avril 2026 devant les étudiants de l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication à Kinshasa, lors d’une conférence politique très suivie.
Face à l’auditoire, l’ancien candidat à la présidentielle n’a pas mâché ses mots. Il a prévenu le chef de l’État contre toute tentative de briguer un troisième mandat ou de réviser la Constitution à des fins personnelles.
Martin Fayulu a déclaré : « S’il ose un 3e mandat ou changer la Constitution, il me verra devant lui ». Une phrase qui résonne comme un ultimatum politique et qui marque une nouvelle escalade verbale entre les deux figures majeures de la scène congolaise.
Pour le leader de l’ECiDé, la loi fondamentale représente un socle intangible. Depuis Faden House, son quartier général, il a répété que toute modification de la Constitution dans le but de maintenir l’actuel président au pouvoir constituerait une « ligne rouge » à ne pas franchir.
Selon lui, le respect du verrou constitutionnel est non négociable. Il estime que toucher aux dispositions sur la limitation des mandats reviendrait à remettre en cause l’alternance démocratique et la stabilité du pays.
Le choix de l’ISIC pour tenir ces propos n’est pas anodin. En s’adressant directement aux étudiants, Martin Fayulu cible une frange de la population souvent en première ligne lors des mobilisations politiques. Il appelle ainsi la jeunesse à rester vigilante et à défendre les acquis démocratiques.
Durant son intervention, il a rappelé l’importance de l’engagement citoyen face aux dérives potentielles du pouvoir. Le cadre académique a servi de tribune pour dénoncer ce qu’il qualifie de « tentation autoritaire ».
Cette sortie intervient dans un climat où le débat sur une possible révision constitutionnelle alimente déjà les discussions dans l’opinion publique. Plusieurs acteurs de la majorité présidentielle ont récemment évoqué la nécessité d’adapter la Constitution, sans toutefois mentionner explicitement la question du nombre de mandats.
Pour l’opposition, ces signaux sont perçus comme des ballons d’essai en vue de préparer l’opinion à un maintien de Félix Tshisekedi au-delà de 2028. Martin Fayulu se positionne donc comme un rempart contre ce scénario.
Du côté de la présidence, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée dimanche 26 avril au matin. Les cadres de l’Union Sacrée de la Nation n’ont pas commenté les propos de l’opposant.
Des analystes politiques estiment que cette déclaration pourrait relancer les tensions entre le pouvoir et l’opposition à l’approche des prochaines échéances. La société civile, de son côté, appelle au respect strict du texte constitutionnel de 2006 tel que révisé en 2011.
Ce n’est pas la première fois que Martin Fayulu se montre intransigeant sur la question des mandats présidentiels. Depuis 2018, il défend l’idée que l’alternance est le seul gage de crédibilité pour les institutions congolaises.
En posant la Constitution comme limite infranchissable, il cherche à fédérer les forces politiques et sociales autour de la défense de la légalité. Reste à savoir quelle suite sera donnée à cet avertissement sur le terrain politique dans les prochains mois.
Yves Sayo