Ads
Tshilumbayi veut tuer l’alternance : le droit dit non
By GéantRadio
Published on 25/04/2026 10:50
POLITIQUE

Les propos de M. Isaac Jean-Claude Tshilumbayi justifiant un maintien au pouvoir après 2028 sont juridiquement et politiquement indéfendables. C’est l’État de droit en RDC qui est menacé. Démonstration en 7 points.

1. Constitution : le suffrage périodique est intouchable  

Invoquer un « fonctionnement normal des institutions » sans élections en 2028 est faux. Toute démocratie repose sur la périodicité du vote. Le peuple délègue le pouvoir, il ne l’abandonne pas. L’article sur la continuité présidentielle vise à éviter la vacance, pas à légaliser une prolongation. C’est une clause d’exception, d’interprétation stricte. L’esprit de la Constitution interdit de détourner une règle de continuité en maintien de mandat.

2. L’insécurité ne justifie pas le report  

Faire de l’insécurité un motif de report, c’est récompenser l’échec. Une crise exige des réformes, une gouvernance efficace et un scrutin adapté, non la suspension du calendrier républicain. Sinon, chaque zone instable deviendrait un prétexte pour s’éterniser au pouvoir.

3. La comparaison avec l’Ukraine est fallacieuse  

Le parallèle ne tient pas. L’Ukraine subit une guerre d’agression étatique avec annexion. La RDC fait face à une crise sécuritaire asymétrique, en partie interne. En droit comparé, l’analogie exige une similitude de faits. Elle n’existe pas ici.

4. Disqualifier les contre-pouvoirs, c’est nier la démocratie  

Écarter la CENCO, l’opposition et la société civile sous prétexte qu’elles n’ont « pas gagné » trahit une vision autoritaire. La démocratie tient sur deux piliers : légitimité électorale et contre-pouvoirs. Confondre majorité et vérité mène au despotisme majoritaire.

5. La Constitution n’est pas taillée pour un homme  

Une révision constitutionnelle ne peut servir une ambition personnelle. La Loi fondamentale protège l’État des aléas individuels. Elle n’est légitime que si elle répond à une nécessité nationale, avec un large consensus. Taillée pour un agenda, elle perd toute autorité.

6. Le repli identitaire fragilise la République 

Instrumentaliser l’appartenance ethnique dans un débat institutionnel divise là où la République doit unir. Le tribalisme détourne des vrais enjeux : sécurité, développement, justice. Seule la citoyenneté fonde le contrat social.

7. La seule voie : l’alternance dans l’ordre 

Le Congo a besoin d’institutions solides : fichier électoral audité, justice indépendante, CENI impartiale, forces républicaines. La maturité d’un État se juge à sa capacité à organiser l’alternance pacifique, pas à ajourner ses échéances.

M. Tshilumbayi se trompe en droit, en assimilant continuité de l’État et prolongation du pouvoir. Il se trompe politiquement, en préférant la force à la légitimité. Il se trompe moralement, en banalisant les fractures identitaires.

La République ne plie pas devant les hommes. Ce sont les hommes qui s’inclinent devant elle. Ni glissement, ni révision opportuniste.

Lambert Mwamba 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online