Un important mouvement de protestation a rassemblé, dès les premières heures de la matinée de ce vendredi, plusieurs dizaines de conducteurs de motos-taxis sur l’avenue Kamanyola, à proximité immédiate du gouvernorat du Haut-Katanga. L’objectif de cette mobilisation : exprimer leur vive indignation face à ce qu’ils qualifient de pratiques policières abusives et répétées.
Selon les témoignages recueillis sur place, les motards dénoncent une recrudescence des interpellations qu’ils jugent arbitraires. D’après leurs représentants, une trentaine de leurs collègues auraient été arrêtés ces derniers jours dans des conditions qu’ils estiment injustifiées et dépourvues de base légale claire.
Au-delà des arrestations, les conducteurs de motos-taxis pointent du doigt une multiplication des tracasseries quotidiennes de la part de certains éléments des forces de l’ordre. Ils affirment être systématiquement contrôlés, verbalisés, voire immobilisés, même lorsqu’ils respectent scrupuleusement les zones de circulation et les horaires fixés par l’arrêté urbain en vigueur.
« Nous respectons les limites imposées par la mairie. Pourtant, on nous arrête sans motif valable. C’est devenu impossible de travailler sereinement », confie un conducteur présent sur les lieux. Pour beaucoup, ces pratiques entravent directement leur activité économique, principale source de revenus pour des milliers de familles à Lubumbashi.
Le secteur des motos-taxis, vital pour la mobilité urbaine et l’économie informelle de la ville, se dit aujourd’hui asphyxié. Les motards estiment que les amendes répétées et les immobilisations prolongées de leurs engins les plongent dans une précarité accrue. Certains évoquent des pertes journalières importantes, compromettant leur capacité à subvenir aux besoins de leurs ménages.
Face à cette situation qu’ils qualifient d’intenable, les manifestants appellent à une intervention urgente du gouvernorat du Haut-Katanga. Ils réclament l’ouverture d’un cadre de concertation avec les autorités provinciales et les responsables de la Police Nationale Congolaise afin de clarifier les règles d’interpellation et de mettre fin aux abus signalés.
Les représentants des motards souhaitent également une révision des mécanismes de contrôle, qu’ils voudraient plus transparents et moins coercitifs. « Nous ne sommes pas contre la réglementation. Nous demandons juste que la loi soit appliquée équitablement, sans harcèlement », martèle un autre manifestant.
Jusqu’en début d’après-midi, le rassemblement se déroulait dans le calme, sous l’observation discrète des forces de l’ordre déployées aux abords du gouvernorat. Aucun incident majeur n’avait été signalé au moment de la rédaction de cet article.
Les motards ont indiqué qu’ils maintiendront la pression jusqu’à obtenir des engagements concrets de la part des autorités. Ils n’excluent pas d’autres actions dans les prochains jours si leurs revendications ne sont pas entendues.
Cette mobilisation remet sur la table la problématique plus large de l’encadrement du secteur des transports urbains à Lubumbashi. Entre impératif de sécurité routière, lutte contre l’insécurité et nécessité de préserver les moyens de subsistance de milliers de jeunes, les autorités provinciales sont appelées à trouver un équilibre délicat.
Lambert Mwamba