Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a défendu le bilan économique du Gouvernement de la République démocratique du Congo, affirmant que les performances enregistrées depuis l'investiture du Gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka, en juin 2024, traduisent une stabilisation réelle de l'économie congolaise.
Dans un entretien accordé à Geopolis Hebdo, l'argentier national a rejeté les critiques évoquant un « mirage macroéconomique », estimant que les résultats observés reposent sur des indicateurs vérifiables. Il cite notamment la baisse spectaculaire de l'inflation, passée de plus de 22 % en 2024 à seulement 2,3 % à la fin de l'année 2025.
Selon lui, cette évolution est le résultat d'une meilleure coordination entre les politiques budgétaires du Gouvernement et les mesures monétaires prises par la Banque centrale du Congo. Ces ajustements auraient également permis de stabiliser le franc congolais et de contenir la dépréciation de la monnaie nationale.
Le ministre estime que cette stabilisation commence à produire des effets visibles dans la vie quotidienne des Congolais, notamment à travers la baisse des prix sur les marchés. Pour l'année 2026, il table sur une croissance économique d'environ 5,6 %, dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée et une stabilité monétaire renforcée.
Malgré les tensions sécuritaires persistantes dans l'Est du pays, la République démocratique du Congo dispose, selon lui, d'une économie « robuste », capable de maintenir sa trajectoire de croissance. « L'histoire économique ne retiendra pas les cris mais les résultats », a-t-il déclaré, affirmant que le Gouvernement privilégie les réformes structurelles plutôt que les réponses politiques immédiates.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a reconnu l'existence de retards dans le paiement des salaires des fonctionnaires tout en assurant que les finances publiques de la République démocratique du Congo restent sous contrôle.
Interrogé par le magazine Geopolis Hebdo sur les inquiétudes liées à la trésorerie de l'État, le ministre a expliqué que ces tensions s'expliquent par la structure même des finances publiques congolaises. Selon lui, les premières grandes recettes fiscales de l'année n'interviennent qu'à la fin du mois d'avril, notamment avec le paiement du solde de l'impôt sur les bénéfices professionnels.
Cette situation crée, selon ses explications, une pression temporaire sur la trésorerie en début d'année, période durant laquelle l'État doit continuer à assumer des dépenses incompressibles, en particulier la paie des agents publics.
Le ministre évoque également l'impact de la situation sécuritaire dans l'Est du pays, qui pèse lourdement sur les dépenses publiques, ainsi que l'appréciation récente du franc congolais. Si cette dernière contribue à améliorer le pouvoir d'achat de la population, elle peut aussi réduire certaines recettes publiques libellées en devises.
Toutefois, l'argentier congolais assure que ces difficultés sont conjoncturelles et que la situation devrait se stabiliser à partir de la fin du mois d'avril. Il cite notamment la reprise récente des exportations de cobalt comme facteur susceptible d'améliorer la trésorerie de l'État.
Pour le ministre Doudou Fwamba, ces ajustements ne remettent pas en cause la trajectoire globale de stabilisation économique engagée par le Gouvernement congolais.
Yves Sayo