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Jusqu’à nouvel ordre : Le ministère de l’Intérieur interdit sirènes, escortes et feux multicolores à tous sauf l’État
By GéantRadio
Published on 09/07/2026 07:43
SÉCURITÉ

Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières, Shabani Lukoo Bihango, a remis à l’ordre du jour une mesure forte visant à restaurer la discipline dans l’usage des attributs régaliens de l’État. Dans un message officiel daté du 6 juin 2026, référencé N°25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/NL/Z8/2026, il a rappelé à l’ensemble des autorités politico-administratives et des services de sécurité l’interdiction formelle d’utiliser les escortes policières et militaires, les sirènes, les gyrophares et les feux multicolores.

Dans sa correspondance, le VPM de l’Intérieur précise qu’il s’agit d’un rappel de son instruction contenue dans le message officiel N°25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/KNA/416/2026 du 3 décembre 2025. Cette directive, qui conserve un caractère permanent, avait déjà posé les bases d’une rationalisation de l’usage des signes distinctifs réservés aux services de l’État.

L’objectif affiché est clair : mettre fin aux abus et aux confusions qui entretiennent un sentiment d’impunité et de privilège dans l’espace public.

Le message ministériel énumère de manière précise les pratiques désormais proscrites "jusqu’à nouvel ordre" :

1. L’utilisation d’escortes par la Police et l’Armée pour des personnalités non habilitées par les textes en vigueur.

2. L’usage des sirènes sur les véhicules privés ou de service en dehors des missions d’urgence dûment autorisées.

3. L’installation et l’utilisation des gyrophares sur tout véhicule ne relevant pas des services prioritaires de l’État.

4. L’usage des feux multicolores qui ne sont pas conformes aux normes du Code de la route.

À ces quatre points, le VPM ajoute une cinquième injonction : l’interdiction des plaques d’immatriculation bâchées. Cette pratique, souvent utilisée pour échapper aux contrôles, est désormais visée directement par l’instruction ministérielle.

La portée du message montre la volonté du ministère de faire appliquer la mesure sur l’ensemble du territoire national. La note a été transmise à un large éventail de destinataires :

- Au niveau national : Le Commandant Général de la Police Nationale Congolaise, le Vice-Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, le Vice-Ministre de l’Intérieur, le Vice-Ministre des Affaires Coutumières, le Chef de la Maison Militaire du Chef de l’État, le Conseiller Spécial du Président en charge de la Sécurité, l’Administrateur Général de l’ANR et le Directeur Général de la DGM.

- Au niveau provincial : Les Gouverneurs de Province, les Commissaires Provinciaux de la Police, ainsi que tous les membres des Conseils Provinciaux de Sécurité.

Cette large diffusion vise à assurer une application harmonisée et sans faille de la directive, de Kinshasa jusqu’aux entités territoriales décentralisées.

Au-delà du rappel, le VPM Shabani Lukoo Bihango exige des destinataires un rapport détaillé sur l’exécution de cette instruction. Chaque autorité provinciale et chaque service de sécurité devra donc rendre compte des mesures prises pour faire respecter l’interdiction.

Le ministre insiste sur le caractère permanent de la décision. Il ne s’agit pas d’une mesure ponctuelle, mais d’une réforme de fond destinée à s’inscrire dans la durée.

En conclusion de son message, le VPM conclut par une formule qui résume l’esprit de la décision : "Il y a ordre. Sentiments patriotiques."

Pour le ministère, cette série d’interdictions vise plusieurs objectifs. D’abord, rétablir l’égalité des usagers sur la voie publique et mettre fin à l’usage abusif des signes de pouvoir. Ensuite, réduire les risques d’accidents liés à l’usage anarchique des sirènes et gyrophares. Enfin, renforcer la crédibilité des forces de l’ordre en réservant leurs moyens d’intervention aux missions régaliennes.

Yves Sayo 

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