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Bena Mukendi vs Bena Mataamba : des villages s’entretuent à cause d’une rumeur de minerais
By GéantRadio
Published on 15/05/2026 18:09
SOCIÉTÉ

La province de Lomami est à nouveau le théâtre de violences intercommunautaires meurtrières. Depuis vendredi 15 mai, les villages relevant des communautés Bena Mukendi et Bena Mataamba, situés dans la chefferie de Mande intérieur sur le territoire de Ngandanjika, s’affrontent dans des combats qui ont déjà fait plusieurs victimes.

Selon un premier bilan communiqué par les autorités locales, au moins cinq personnes ont perdu la vie. Des dizaines d’autres ont été blessées lors des échanges, et plusieurs habitations ont été réduites en cendres. Le nombre de blessés reste incertain, et les sources administratives redoutent une aggravation du bilan dans les prochaines heures.

À l’origine de ces affrontements, les autorités évoquent un différend lié à la découverte présumée de minerais dans la zone. La nature exacte de ces ressources n’a pas encore été établie, et aucune exploitation officielle n’a été confirmée à ce stade. 

Cette annonce non vérifiée aurait suffi à attiser les tensions entre les deux communautés voisines, qui se disputent depuis plusieurs jours le contrôle de la zone concernée. L’absence d’encadrement clair et la circulation de rumeurs ont accéléré l’escalade.

Les combats ont opposé des groupes d’habitants armés, principalement avec des armes de fabrication artisanale. D’après Martin Mpoyi Ntengesha, administrateur assistant chargé de la politique, de l’administration et des affaires coutumières, certaines personnes ont activement contribué à attiser le conflit.

« Certaines personnes ont joué un rôle de catalyseur dans ce conflit opposant les Bena Mukendi aux Bena Mataamba. Pendant ce temps, la situation continue de se détériorer et les deux communautés s’entretuent », a-t-il déclaré. 

Il souligne que les affrontements ne relèvent plus d’une simple altercation locale, mais d’une confrontation ouverte qui menace la stabilité de toute la chefferie.

Face à la détérioration rapide de la situation, l’administration territoriale a annoncé le déploiement d’éléments de la police nationale congolaise sur le terrain. L’objectif est de séparer les belligérants, de sécuriser les villages les plus exposés et de prévenir de nouvelles attaques.

« Nous avons déjà dépêché des éléments de la police sur place. Nous avons également informé notre hiérarchie à Kabinda, afin qu’une solution soit trouvée », a précisé Martin Mpoyi Ntengesha. 

L’administration provinciale a été saisie pour coordonner une réponse plus large, incluant potentiellement le dialogue communautaire et l’intervention d’autorités coutumières.

L’administrateur assistant a lancé un appel direct aux deux communautés pour qu’elles cessent immédiatement les hostilités. Il insiste sur l’absence de justification à la violence, quelle que soit l’enjeu économique supposé.

« Aucune raison ne devrait pousser les populations à s’entretuer. Nous devons vivre dans la paix », a-t-il martelé. 

Il rappelle que la découverte éventuelle de ressources minières doit faire l’objet d’une procédure légale, impliquant l’État et les structures coutumières, et non d’affrontements armés entre civils.

Les autorités parlent pour l’instant d’un bilan provisoire. La situation reste volatile dans plusieurs villages de Mande intérieur, où la peur d’une reprise des violences freine le retour des déplacés et l’accès aux blessés.

Le nombre exact de maisons détruites n’a pas encore été établi, mais les premières informations font état d’incendies ciblés ayant détruit des habitations et des biens de première nécessité. Les blessés sont pris en charge localement, avec des moyens limités.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un schéma récurrent en RDC, où la rumeur d’une découverte minière suffit souvent à déclencher des conflits communautaires. L’absence de cadastre minier clair, de consultation préalable et de retombées économiques pour les populations locales alimente la méfiance et la violence.

Dans le territoire de Ngandanjika, les tensions entre communautés voisines autour de la terre et des ressources sont fréquentes. Sans une médiation rapide et un encadrement étatique, ces incidents risquent de se répéter et de s’étendre.

Lambert Mwamba 

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