Dans une démarche de suivi actif des projets structurants de la province, le gouverneur du Kasaï Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, a réuni les dirigeants de CEMENT KASAÏ SAS, société en charge de la construction de la cimenterie implantée dans le territoire de Katanda.
Cette séance de travail stratégique s’inscrit dans la volonté de l’exécutif provincial de lever les freins opérationnels et d’accélérer la matérialisation d’une infrastructure jugée vitale pour l’économie locale.
L’ordre du jour de la rencontre portait sur trois axes majeurs. Premièrement, l’évaluation technique et chronologique du chantier. Les responsables de CEMENT KASAÏ SAS ont détaillé les étapes déjà franchies, notamment les travaux de terrassement, l’installation des bases logistiques et la mobilisation des premiers équipements lourds.
Ils ont également exposé les indicateurs de progression et le calendrier prévisionnel réajusté en fonction des aléas rencontrés sur le terrain.
Le deuxième point abordé concernait les obstacles logistiques qui ralentissent le rythme d’exécution. La délégation de l’entreprise a souligné la dégradation critique de plusieurs axes routiers dits stratégiques.
Le corridor reliant le Grand Katanga à la province du Kasaï Oriental est particulièrement affecté. L’état de ces tronçons complique l’acheminement régulier des matériaux de construction, des structures métalliques et des équipements industriels spécialisés.
Conséquence directe : plusieurs convois logistiques ont été contraints de marquer des arrêts prolongés, certains matériels restant bloqués en cours de route en raison de l’impraticabilité des voies. Cette situation génère des surcoûts et des retards cumulés sur le planning initial.
Troisièmement, les échanges ont porté sur l’impact des conditions météorologiques. Les fortes précipitations enregistrées ces derniers mois ont entraîné un ralentissement forcé de plusieurs activités sur site, notamment le coulage des fondations et les travaux de génie civil.
Les responsables du projet se veulent toutefois rassurants. Avec l’installation progressive de la saison sèche, une intensification des opérations est programmée dans les prochaines semaines. Les équipes techniques prévoient un doublement des rotations et une extension des plages horaires de travail pour rattraper le retard. 
Au-delà du chantier lui-même, la question de la chaîne d’approvisionnement future a été mise sur la table. L’accès au clinker, composant essentiel à la fabrication du ciment, dépendra étroitement de la fiabilité du réseau routier.
Un diagnostic présenté en séance révèle que plusieurs tronçons indispensables au transport de cette matière première sont dans un état critique. Sans intervention urgente sur ces infrastructures, la phase d’exploitation de l’usine pourrait être compromise dès son lancement.
Face à ce tableau, le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo a tenu à rappeler la position du gouvernement provincial. Il qualifie la cimenterie de Katanda de « projet industriel stratégique » pour trois raisons : la création d’emplois directs et indirects, la réduction de la dépendance aux importations de ciment en provenance des provinces voisines et de l’étranger, et la baisse attendue du coût des matériaux de construction pour l’ensemble de la région.
Il s’est engagé à mobiliser les services techniques provinciaux pour accompagner l’entreprise dans le plaidoyer auprès des instances nationales, et à étudier les mécanismes de réhabilitation prioritaire des axes routiers identifiés.
De leur côté, les dirigeants de CEMENT KASAÏ SAS ont salué la démarche proactive du gouverneur. Ils ont réitéré leur détermination à poursuivre les travaux malgré les contraintes logistiques et climatiques actuelles. 
L’entreprise insiste sur sa volonté de maintenir un cadre de collaboration étroite avec les autorités provinciales, les communautés locales et les services techniques, afin de garantir la transparence et l’ancrage territorial du projet.
La réunion s’est conclue sur la mise en place d’un comité de suivi mixte. Sa mission : faire des points bimensuels sur l’avancement, anticiper les blocages et proposer des solutions opérationnelles rapides. Pour l’exécutif provincial comme pour l’industriel, l’objectif reste identique : voir la première tonne de ciment « Made in Kasaï Oriental » sortir de l’usine dans les délais les plus courts possible, afin de transformer cette promesse industrielle en levier de développement concret pour la population.
Lambert Mwamba