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Sécurité dans l’Est : Munyomo affirme que la paix à Goma est une « question de temps »
By GéantRadio
Published on 11/04/2026 16:09
POLITIQUE

Face à la presse, le député national Patrick Munyomo, élu de Goma et membre de l’Union sacrée de la nation, a relayé un message qu’il dit tenir directement du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Devant les journalistes réunis dans la capitale, l’élu du Nord-Kivu a affirmé avoir été « instruit personnellement » par le président de la République pour s’adresser aux habitants de Goma, qu’il qualifie de « capitale-martyre » de la province.

Message central : le retour de la paix dans l’Est ne serait « qu’une question de temps ». Une déclaration qui se veut rassurante pour une population éprouvée par plus de deux décennies de violences et de déplacements massifs.

L’argument mis en avant par Patrick Munyomo est la reprise imminente des pourparlers entre le gouvernement congolais et les groupes rebelles. Selon lui, les discussions reprennent ce dimanche.

Pour le député, cette échéance doit permettre aux habitants de Goma de « continuer à espérer le retour de la paix et la fin de la barbarie du Rwanda », reprenant ainsi la terminologie employée par Kinshasa pour dénoncer l’implication de Kigali dans la crise.

Se présentant comme le « représentant des enfants de Goma », Munyomo a insisté sur la dimension symbolique de son intervention. Il entend porter la voix d’une ville encerclée par les lignes de front et confrontée à une crise humanitaire majeure. Membre de la majorité présidentielle, l’élu aligne son discours sur la position officielle de l’Union sacrée. Celle-ci accuse régulièrement le Rwanda de soutenir des groupes armés actifs dans l’Est, accusations que Kigali rejette systématiquement.

En choisissant Kinshasa pour cette sortie, le député cherche aussi à interpeller l’opinion nationale et la communauté internationale. L’objectif : maintenir la pression diplomatique et rappeler l’urgence humanitaire au Nord-Kivu.

Goma, ville de plus d’un million d’habitants, accueille des centaines de milliers de déplacés. L’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins y reste extrêmement précaire malgré l’aide humanitaire.Sur le plan politique, Munyomo défend la voie du dialogue. La reprise des pourparlers est présentée comme complémentaire aux opérations militaires menées par les FARDC sur le terrain.

Il appelle la population à l’unité et au soutien des institutions. Pour lui, seule une action collective permettra d’aboutir à une paix durable et de sécuriser définitivement la région.Le fait que le message soit présenté comme une instruction directe du président Tshisekedi donne un poids particulier à cette prise de parole. Il s’agit de montrer que Goma reste une priorité au sommet de l’État.

L’élu du Nord-Kivu se positionne ainsi en courroie de transmission entre le pouvoir central et sa base électorale. Il rappelle que des échéances concrètes sont désormais posées.La réalité sécuritaire demeure cependant volatile. Plusieurs cycles de négociations passés n’ont pas empêché la reprise des combats ni mis fin aux exactions contre les civils.

Sur le terrain, les attentes sont claires : sécurisation des axes routiers, retour des déplacés dans leurs villages et arrêt des violences. La population jugera sur des actes. La conférence de Kinshasa s’inscrit dans une séquence diplomatique sensible. Elle réaffirme la fermeté de la RDC face à ce qu’elle qualifie d’agression extérieure.

Tous les regards sont désormais tournés vers la reprise effective des pourparlers annoncés pour ce dimanche. Leur format et leurs garanties seront décisifs pour leur crédibilité. Pour Patrick Munyomo, le compte à rebours est lancé. Reste à traduire l’espoir affiché en résultats concrets et visibles pour les habitants de Goma et de l’Est.

Yves Sayo 

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