La récente mise au point du cabinet de la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, concernant les allégations de détournement de fonds liés à la parafiscalité "Effort de reconstruction et stock stratégique", soulève plus de questions qu'elle n'en résout.
Malgré un démenti ferme, plusieurs points cruciaux demeurent sans réponse claire.
La Légalité du Prélèvement en Question
Les médias ont dénoncé un prélèvement mensuel de 720 000 dollars, soit 6% des 12 millions de dollars générés par la parafiscalité, imputé à la ministre. Or, le cabinet ne produit aucun texte de loi autorisant explicitement ce pourcentage. La transparence exige la publication du fondement légal de ce prélèvement.
Des Fonds dont l'Utilisation Reste Mystérieuse
Le communiqué ne détaille ni la destination exacte des sommes, ni les répartitions, ni les comptes bénéficiaires, ni les pièces justificatives. Qui a bénéficié de ces prélèvements ? Pour quelle tâche ou quels projets précis ?
Un Démenti Qui Ne Dément Rien
Le cabinet accuse les médias d'une "campagne" sans produire de contre-preuves concrètes, déplaçant le débat sur un plan personnel et médiatique plutôt que juridique et administratif.
Des Contrôles Internes et Externes ?
La mise au point ne précise pas si des contrôles internes ou externes ont été diligentés. La transmission des documents aux institutions de contrôle est une exigence minimale.
La Transparence, une Exigence Citoyenne
L'argument de la "campagne" tend à décourager l'exigence légitime de transparence citoyenne. La réponse à une polémique financière devrait être la mise à disposition rapide et complète des éléments de preuve.
En l'état, la mise au point du cabinet Bandubola ne répond ni aux interrogations juridiques ni aux exigences de transparence. Un traitement factuel et documenté de l’affaire est désormais indispensable.
Yves Sayo