Ads
Constitution, FARDC, Dialogue : Ce que Tshisekedi a vraiment dit à huis clos à l'Union Sacrée
By GéantRadio
Published on 25/10/2026 08:05
POLITIQUE

Réunis ce samedi 24 octobre 2026 à la Cité de l'Union Africaine, les membres de l'Union Sacrée de la Nation ont été fixés sur la suite du processus du dialogue national. Face à sa famille politique, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé l'accélération des préparatifs et tenu à lever toute ambiguïté sur ses intentions concernant la Loi fondamentale.

Selon des sources concordantes présentes à cette rencontre stratégique, le Chef de l'État a confirmé que la mise en place de l'équipe chargée de piloter le dialogue interviendra dès la semaine prochaine. Une étape qu'il juge décisive pour le retour à la normalité institutionnelle et la quête d'une paix durable en République Démocratique du Congo.

Dans le détail, le dispositif annoncé comprendra les animateurs de la coordination nationale, les responsables des coordinations provinciales ainsi que les superviseurs désignés pour chaque province. Pour garantir l'inclusivité et la crédibilité du processus, cette architecture sera appuyée par deux cofacilitateurs désignés par l'Union Africaine, un homme et une femme.

Cette annonce marque une avancée concrète dans la matérialisation de ce forum national, dont les contours continuent de diviser la classe politique et l'opinion publique.

"Si en 2028 vous refusez, je m'arrête là"

Le moment le plus fort de la rencontre aura été la mise au point du Président sur la question constitutionnelle, sujet hautement sensible. Sans détour, Félix Tshisekedi a réaffirmé ses réserves vis-à-vis de la Constitution actuelle.

"Cette Constitution, je ne l'aime pas, et vous le savez", a-t-il lancé devant ses partisans, avant d'ajouter une phrase lourde de sens : "Vouloir la changer ou la toucher, c'est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m'arrête là."

Par cette déclaration, le Chef de l'État renvoie la responsabilité du débat sur la révision constitutionnelle à sa majorité, tout en affirmant avec force qu'il n'entend pas s'accrocher au pouvoir au-delà des limites fixées par son mandat. Il a invité les membres de l'Union Sacrée à ne pas réduire toute réflexion sur l'avenir institutionnel du pays à sa seule personne.

Une clarification qui intervient dans un contexte où chaque évocation d'une réforme constitutionnelle suscite des interrogations sur un éventuel troisième mandat.

Félix Tshisekedi a insisté sur la finalité réelle du dialogue national. Loin d'être un stratagème pour prolonger son séjour au Palais de la Nation, ce forum doit, selon lui, permettre de remettre le pays sur les rails.

"J'ai une mission : celle de mettre le pays sur les rails, d'installer une paix véritable et durable", a-t-il affirmé.

Il a à cet effet instruit les élus et cadres de l'Union Sacrée d'aller expliquer à la base, dans leurs circonscriptions respectives, le sens et les objectifs de cette initiative, afin de dissiper les malentendus et d'obtenir l'adhésion populaire.

Sur le volet sécuritaire, le Président s'est voulu rassurant et confiant. Il a affirmé avoir repris en main l'appareil militaire et s'est félicité de la montée en puissance progressive des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Il a néanmoins reconnu la persistance de cas d'infiltrations au sein de l'armée, preuve que le chantier sécuritaire reste immense, notamment dans l'Est du pays.

Avec la désignation imminente des animateurs et l'arrivée annoncée des cofacilitateurs de l'Union Africaine, la semaine prochaine s'annonce décisive. Reste désormais à transformer ces annonces politiques en un processus crédible, inclusif et capable de rassembler toutes les sensibilités du pays autour des questions essentielles de gouvernance, de sécurité et de cohésion nationale.

Yves Sayo 

Comments
Comment sent successfully!

Chat Online