Ce lundi, l'Honorable Kakasi Jedidiah, Questeure au Conseil Communal de Dilala, a choisi de briser un tabou. Elle a choisi de parler pour celles qui n'ont plus de voix. Pour celles qu'on a fait taire par la peur, par la honte, par les menaces.
Dans un ton à la fois maternel et ferme, l'élue ne mâche pas ses mots. Elle parle de ce que beaucoup préfèrent ignorer : les viols étouffés, les coups dissimulés derrière les murs des maisons, le harcèlement qui poursuit les jeunes filles jusque dans les écoles et sur les téléphones, et cette pratique lâche et cruelle qui se répand : exposer la nudité d'une femme pour la détruire.
Pour elle, tout cela a une même racine : on a fait croire à la femme qu'elle doit supporter.
"Non", dit-elle. "La dignité d'une femme ne se négocie pas."
Trois messages forts:
1. Aux femmes : Parlez, vous n'êtes pas seules.
C'est le cœur de son appel. Un appel de sœur à sœurs.
"Mes chères sœurs, mes filles de Dilala et de Kolwezi, je vous le dis avec tout mon cœur : ne gardez plus ce fardeau en vous. Si on vous a agressée, harcelée, battue, si on a partagé votre intimité sans votre accord pour vous humilier, ne restez pas dans l'ombre. Dénoncez. Votre silence ne vous protège pas, il protège celui qui vous fait du mal. Vous n'êtes pas faibles. Vous êtes fortes. Vous avez une voix, vous avez des droits, vous avez le droit sacré de dire NON."
2. Aux institutions : Agissez, ne nous promettez plus.
L'Honorable ne s'arrête pas aux victimes. Elle regarde les autorités droit dans les yeux.
"Une femme qui a le courage de pousser la porte d'un bureau pour porter plainte a déjà gagné une bataille contre la peur. Ne la trahissez pas. Ne laissez pas sa plainte moisir dans un tiroir. Ne la renvoyez pas chez elle sans écoute. La protection de la femme doit cesser d'être un beau discours les jours de fête. Elle doit devenir une action concrète, chaque jour."
3. À la société : Respectez la femme.
Elle nous rappelle une évidence que l'on oublie trop souvent.
"La femme, c'est celle qui donne la vie. C'est celle qui se lève la première et se couche la dernière pour sa famille. C'est elle qui éduque, qui soigne, qui construit. Comment peut-on lever la main sur celle qui nous a donné la main ? Comment peut-on prendre plaisir à humilier celle qui porte notre avenir ?"
À la fin de son adresse, l'Honorable Kakasi Jedidiah a laissé une phrase qui résonne comme une loi nouvelle dans nos consciences :
"Le silence d'une femme n'est jamais une permission."
C'est plus qu'un message politique. C'est un appel à notre humanité. Un rappel que protéger une femme, c'est protéger toute la commune. Et que lorsque l'une d'entre nous est violentée, c'est toute la ville de Kolwezi qui saigne.
Honorable Kakasi Jedidiah
Questeure au Conseil Communal de Dilala