En visite officielle en Tanzanie ce mardi 18 août, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est entretenu à Dar es Salam avec son homologue Samia Suluhu Hassan. Au cœur des échanges : la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui progresse en RDC et les inquiétudes qu’elle suscite dans la région.
Devant la presse et les délégations des deux gouvernements, le chef de l’État congolais a d’abord remercié la présidente tanzanienne pour les condoléances adressées au peuple congolais. Il en a profité pour rassurer directement la population tanzanienne.
« Mama Samia venait d’évoquer Ebola. Je la remercie de tout cœur pour ses condoléances. C’est la preuve de la résilience de l’Afrique. Je voudrais rassurer nos frères et sœurs de Tanzanie : Ebola en est à sa dix-septième épidémie. Nous avons vécu les seize précédentes. Ne vous laissez pas effrayer », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le président congolais a mis en avant l’expérience acquise par la RDC dans la riposte. Selon lui, cette expertise, aujourd’hui reconnue au niveau mondial, constitue un atout pour contenir la flambée actuelle. « Nous avons une expérience sur la maîtrise et la riposte contre cette maladie et nous y arriverons », a-t-il assuré.
La situation reste toutefois préoccupante. Six provinces sont déjà touchées par l’épidémie. L’Ituri, première province affectée et épicentre, concentre une grande partie des cas.
La réponse fait face à deux grands défis. D’abord les difficultés de paiement. En Ituri, des prestataires impliqués dans la riposte observent des mouvements de grève pour dénoncer des retards de primes et des conditions de travail difficiles. Des centres de traitement Ebola à Bunia ont été perturbés. Le gouvernement reconnaît les retards et annonce la validation des listes du personnel ainsi que la digitalisation progressive des paiements.
Ensuite l’insécurité. Dans l’est du pays, les attaques contre des structures de santé et les déplacements de populations compliquent la surveillance, la recherche des contacts et la prise en charge. Ces mouvements accroissent le risque de propagation et rendent plus difficile le suivi des personnes exposées.
Malgré ces obstacles, Kinshasa veut capitaliser sur son retour d’expérience pour stabiliser la situation. La coopération régionale, illustrée par cet échange avec la Tanzanie, est présentée comme essentielle pour éviter une extension transfrontalière du virus.
Yves Sayo